jeudi 30 janvier 2014

Marie in Deutschland

Les étudiants français, considérés par beaucoup comme les "champions de la mobilité", sont très nombreux à partir vivre à l'étranger, qu'ils soient poussés par l'envie d'ajouter une ligne sympathique à leur CV, de fuir la morosité ambiante car l'herbe est toujours plus verte à côté, ou d'essayer de mener une carrière plus brillante et mieux payée … 
Marie, une jeune femme éblouissante et extrêmement cultivée, a suivi le mouvement et s'en est allée en Allemagne. Cette étudiante modèle, amoureuse des lettres et de l'histoire, nous parle de son parcours.

Le lac de Constance - Bodensee
Toutes les photos de cet article ont été prises par Marie

C'est sur un ton passionnément rêveur et poétiquement amoureux que Marie nous parle de l'attachement qu'elle porte à l'Allemagne :
« L'Allemagne est pour moi une contrée qui ne cesse de m'offrir de nouvelles découvertes, c'est
un très beau pays aux multiples facettes : les époustouflants paysages alpins au sud, les rêveries romantiques entre les superbes ruines qui dominent les falaises rhénanes et les coteaux aux vins enchanteurs, mais aussi l'attrait balnéaire aux notes scandinaves au nord du pays, sans compter le dynamisme de ses grandes villes et l'architecture attachante de ses petites villes qui ont su garder le cachet des demeures médiévales. 
C'est aussi un pays avec une culture très riche, parfois très proche de celle que l'on possède en Alsace, mais néanmoins propre à chaque Land. C'est très intéressant de chercher à comprendre ce qui aujourd'hui lie les Allemands dont l'histoire n'est commune que depuis moins de deux siècles. Ce pays m'attire car son identité est très complexe. En somme, j'aime les mystères de ce pays et j'ai toujours envie d'en savoir plus. »
Elle résume pour nous ses longues et ô combien fructueuses années d'étude : 
« Après un bac littéraire option européenne allemand et allemand renforcé, je me suis tournée vers une classe préparatoire littéraire (ndrl : au lycée Fustel de Coulanges, à Strasbourg), toujours avec l'allemand comme matière principale.

Cette langue me passionnait mais je voulais garder la plus grande ouverture culturelle possible.

Après mes trois ans de prépa, j'ai poursuivi mes études par un master d'allemand - formation aux métiers de l'enseignement à la faculté de Strasbourg pour réaliser mon rêve : enseigner l'allemand, c'est à dire partager ma passion pour cette langue et sa culture. J'ai conclu mes cinq années d'études en décrochant mon CAPES en juillet 2013. »
Un séjour en Allemagne s'impose comme une évidence pour cette demoiselle si souriante, passionnée par la mélodieuse langue de Goethe. Elle explique :
« Étant étudiante en langue étrangère, il me semblait naturel et même essentiel de partir « en continu » dans le pays de la langue étudiée. J'ai toujours appréciée d'aller découvrir des coins d'Allemagne lors de séjours linguistiques, culturels ou de loisirs, mais j'étais frustrée de ne connaître l'Allemagne que comme une étudiante étrangère ou comme une touriste. Ce dont je rêvais, c'était de découvrir le pays de l'intérieur, de le vivre au quotidien comme un Allemand, et de côtoyer des Allemands comme des voisins et non comme des rencontres éphémères... Je pense que c'est ainsi que l'on appréhende au mieux une culture étrangère et une langue, il faut se laisser gagner par elles et non les attaquer à coup de règles et de nos représentations souvent faussées ... »
 Ses études prenant fin et son CAPES en poche, Marie a décidé de réaliser son rêve sans plus attendre.
« Avec mon cursus particulier à la France, il m'était malheureusement impossible de faire une année à l'étranger dans le cadre de mes études.
J'ai donc profité de l'année de report de stage pour préparer mon agrégation d'allemand en Allemagne, en travaillant dans une entreprise allemande, et ce afin d'améliorer mon allemand oral encore teinté d'accent français. »
 C'est toute seule, et plus motivée que jamais, que cette brillante étudiante a décidé d'organiser son départ pour l'Allemagne.
« Ayant fini mes études, j'ai dû organiser mon séjour seule et vite ! J'ai seulement su en juillet que le report de stage pour l'agrégation m'était accordé et j'ai déménagé en août.
Voulant faire « comme une allemande », j'ai contacté le pôle emploi allemand (c'est-à-dire l'Arbeitsagentur) et j'ai posté des dizaines de candidatures sur des sites de recherches d'emploi en Allemagne. J'ai choisi de m'orienter vers le tourisme et l'hôtellerie. J'ai obtenu rapidement plusieurs offres aux quatre coins de l'Allemagne, mais j'ai retenu une place de réceptionniste au lac de Constance : un cadre dépaysant et un établissement dont l'éthique empreinte de souci écologique et de valeurs familiales m'a séduite. »
Côté "pratique", ce déménagement allemand s'est fait très facilement :
« La France faisant partie comme l'Allemagne de l'Union européenne et de l'espace Schengen, je n'avais pas besoin de solliciter un permis de séjour et de travail. J'ai signé mon contrat de travail, ce qui me rattachait automatiquement aux impôts allemands, j'ai dû choisir une caisse d'assurance-maladie en Allemagne (j'ai choisi la plus courante dans mon Land d'adoption étant donné l'offre énorme et confuse en matière d'assurances-maladie) et faire enregistrer mon emménagement dans la ville où je me suis installée. Les nouveaux habitants sont très cordialement reçus dans les villes allemandes où l'on reçoit tout un dossier présentant la commune ainsi que des offres pour pouvoir la découvrir... C'était très agréable de se voir aussi bien reçu !  »
Marie nous parle alors de la réaction de ses parents et de sa famille face à son départ :
« Mes amis n'étaient qu'à moitié surpris étant donné que je rêvais depuis longtemps de partir, ils étaient plutôt contents pour moi et m'ont encouragée, après tout ce séjour m'est utile pour mon métier, cela m'apporte beaucoup sur le plan humain et l'Allemagne n'est pas à l'autre bout du monde ! 
Ma famille m'a également soutenue même si je crois qu'ils attendent mon retour définitif. Ma cousine a vécu un an en Allemagne au courant de ses études et elle m'a donné des conseils pour ce qui est de la location dans ce pays, de l'abonnement à internet, de la sécurité sociale, etc. C'était rassurant de bénéficier de son expérience. 
Ces marques de soutien m'ont beaucoup touchée et aidée. Avant de partir, j'étais partagée en la crainte que ça ne se passe pas bien, une certaine peur de l'inconnu, mais il y avait aussi l'excitation face à cette aventure et l'avidité de découvertes !  »
La future enseignante nous parle alors de son travail qui s'est révélé bien plus prenant qu'elle ne le pensait :
« Je travaille minimum 9 heures par jour à la réception d'un hôtel. Outre l'accueil des clients, je dois faire du travail de bureautique, gérer le service d'étage, réaliser des devis pour les offres de séjour, réaliser des contrats dans le domaine de l'événementiel, ... J'ai dû apprendre à manager du personnel, ce qui n'est pas forcément évident. J'ai ainsi pu découvrir que le monde de l'entreprise n'est pas celui où je saurai m'épanouir et que ma vocation d'enseigner m'est vitale, le contact avec des élèves me manque et il me tarde de rejoindre une salle de classe.  »
 « Je suis des cours de préparation à l'agrégation par correspondance, mais le rythme de travail (45 heures par semaine et souvent pas mal d'heures supplémentaires) est souvent épuisant, ce qui ne m'aide pas à combler mon retard dans la préparation du concours. »
Si le monde du travail s'est révélé assez stressant et épuisant pour cette passionnée de la vie qui souhaite plus que tout réussir le concours de l'agrégation, son séjour allemand lui a tout de même permis de beaucoup progresser dans sa maîtrise de la langue ainsi qu'elle nous le confie :
Aperçu du Hohentwiel ...
... La plus grande forteresse en ruine d'Allemagne.
« Je dois reconnaître que je suis désormais plus à l'aise pour parler allemand, même si je garde encore un accent français que décèlent toujours mes interlocuteurs, curieux de savoir d'où je viens et ravis de l'exotisme de rencontrer une Française sur leur lieu de vacances. »
 « Sur le plan professionnel, ce séjour m'aura fait beaucoup mûrir de par les responsabilités à porter et les difficultés à surmonter (apprendre un métier qui m'était totalement étranger et ce dans une langue
étrangère, gérer les plaintes des clients, les exigences de la direction, etc.).
J'ai également découvert que le plus difficile dans une langue étrangère est de pouvoir faire de l'humour. J'avais du mal durant les deux premiers mois à répondre aux blagues parce que les mots adéquats me venaient trop tard ou parce que j'avais du mal à saisir le second degré de certaines expressions idiomatiques : quel soulagement quand ce verrou a commencé à se débloquer! »
Un autre aspect de ce voyage a énormément plu à Marie : la découverte de nouveaux paysages. Elle évoque pour nous les ravissements de la nature et les mystères de certains châteaux en ruine situés dans cette région du nord des Alpes si délicate et encore relativement préservée. Allemagne, Suisse et Autriche se côtoient autour du Bodensee et partagent la beauté d'horizons délicats :

« Je suis partie au lac de Constance à la mi-août 2013 et j'y reste jusqu'à ce que je reprenne un poste d'enseignant en France... Je vis près de Constance, dans une petite ville portuaire. Lorsque je ne m'occupe pas de la réception dans un hôtel je tente de découvrir ma région aux paysages très variés entre panorama alpin, reliefs montagneux ou volcaniques en plein milieu de la plaine, espace de culture également, qui a attiré de nombreux artistes tels que Hermann Hesse et Otto Dix qui y ont vécu durant plusieurs décennies, espace d'échange important avec la Suisse et l'Autriche frontalières ... »
« La région où je vis offre des paysages impressionnants. Les chutes du Rhin sont grandioses, ainsi que les anciens volcans qui se dressent dans la plaine de l'Hegau, les couchers de soleil qui peignent le ciel, le lac et la neige sur les sommets alpins un camaïeu de couleurs chaudes sont d'une beauté à couper le souffle. Le château du Hohentwiel est la plus grande forteresse en ruine d'Allemagne, sur un pic rocheux, il se dresse en un dédale de salles plus ou moins offertes au regard et est un terrain de jeux pour de belles parties de cache-cache !
Que dire aussi de toutes les petites villes aux vieilles maisons pleines de charme ? Ce sont autant de coins de balades pour oublier les tracas du quotidien... »
Marie évoque aussi de belles rencontres :
« De mon séjour, je garde les rencontres qui n'auraient pu se faire ailleurs : notre chef cuisinier aux tatouages impressionnants et aux talents culinaires indéniables (j'ai eu l'occasion de bien découvrir la gastronomie de l'Allemagne du sud !) doté d'un caractère bien trempé et d'une galanterie qui ferait pâlir les Français, mes partenaires de danse (je prends des cours de danse de couple, activité très en vogue parmi les jeunes en Allemagne) tous charmants, ma propriétaire et voisine avec qui je me suis bien liée et dont la vie pourrait faire le sujet d'un roman passionnant.  »
« Les Allemands sont à 99% curieux de savoir d'où je viens en France, pourquoi je suis venue et apprécient de me découvrir et de pouvoir tester leur niveau de français avec moi. J'ai toujours été très bien accueillie et j'ai l'impression que les Français sont très appréciés en Allemagne, du moins dans le sud du pays !  »
Quand Marie se tourne vers l'avenir, un sourire rêveur se dessine sur ses lèvres : 
« Je pense faire ma vie en Alsace, car ma région me manque, quand bien même mon coin d'Allemagne ne manque aucunement d'attraits. Mais j'aimerais bien plus tard repartir quelques mois, peut-être dans le cadre d'un échange d'enseignants, dans le nord de l'Allemagne ou dans un pays anglo-saxon. J'espère garder un pied dans ce pays pour ne pas redevenir une étrangère. Qui vivra, verra...   »
Si cette jeune femme devait s'adresser à un étudiant désireux de partir à l'étranger, voici quels seraient ses mots :
« Il faut tenter l'expérience ! Ce serait dommage de renoncer à un séjour à l'étranger en cas de peurs ou de doutes, car il n'est pas sûr qu'une telle occasion se représentera. Sur le plan pratique, il ne faut pas hésiter à prendre conseil auprès de personnes qui ont fait le même genre de séjour, de nombreux sites internet et de forums offrent également de précieux conseils pour connaître les bons plans ...
Sur le plan professionnel, l'expérience à l'étranger est valorisée et témoigne d'une ouverture d'esprit ainsi que de nombreuses compétences : curiosité, flexibilité, compétences communicationnelles, aisance en langues étrangères ; sur le plan personnel, c'est un défi et on apprend à mieux se connaître. C'est aussi le moment pour faire le point sur ses aspirations et sur ses projets... On ne revient pas pareil, ça c'est clair...
Il faut certes de la ténacité, mais c'est une belle aventure ! Bon vent !  »

Pour le plaisir des yeux,vous trouverez ci-dessous d'autres photos prises par Marie. Merci à elle pour cette formidable interview et pour ces superbes images !

Ceci est un ancien monument nazi érigé à la gloire de la guerre
Il a été transformé en monument célébrant la paix.







lundi 27 janvier 2014

Ma première fois

En commençant ce blog, je ne comptais pas parler de moi, je me trouve trop inintéressante pour cela, et puis, je suis trop timide … 

Pourtant, aujourd'hui, j'en ai envie. Oui, je vais vous raconter ma propre expérience, vous faire découvrir une de mes passions cachées. Poussée par le désir de combattre toutes les barrières qui me renferment, je veux me libérer à travers l'écriture, à travers votre lecture.

Aujourd'hui j'aborde un sujet très intime, mais, après tout, en commençant ce blog, je m'étais jurée de parler de tout, sans aucun interdit ni tabou.
Alors voilà, je vais vous parler de ma première fois.
Ça s'est passé avec deux hommes, aussi beaux l'un que l'autre. J'avais un peu peur, j'étais incroyablement excitée. Ça n'a finalement pas fait si mal que ça, mais j'ai tout de même un peu saigné. Heureusement, ces deux hommes, qui étaient plus âgés que moi, et qui l'avaient déjà fait plein de fois, se sont montrés très gentils, et m'ont guidé. Ses mains à lui, surtout, étaient très douces, elles me tenaient fermement.
Oui, je vais vous parler de ma première fois.
Ma première fois … chez le tatoueur !

Alors ça, c'est moi !

Depuis que je suis toute jeune, j'aime les tatouages. Déjà enfant, quand je voyais des hommes tatoués, dans la rue ou à la télé, je sentais mon cœur s'affoler. Les modifications corporelles, quelles qu'elles soient, m'ont toujours attiré.
A l'adolescence, je rêvais de me faire tatouer tout le corps, le recouvrant de serpents, de têtes de morts, de corbeaux, de pentacles et de vampires … (C'est dur à croire au vu de ces indications pourtant, je vous l'assure, adolescente, j'étais gothique)
Si j'ai changé depuis toutes ces années (Lulu en mode vieille), je gardais toujours dans le coin de la tête un motif, celui d'une plume. Une petite plume que je voulais faire sur mon avant-bras. Elle symboliserait tout l'amour que je porte à l'écriture ainsi que, d'une façon plus générale, à la littérature. 
Je suis donc allée voir deux tatoueurs strasbourgeois. Le premier à 18 ans, le deuxième à 21 ans ... Qui ont refusé de me faire ce tattoo.
(Entre temps, j'ai refais un
tour chez mon tatoueur !)
Il faut dire que je suis allée voir des tatoueurs assez connus, bien installés, qui n'ont pas besoin d'accepter les requêtes de tous les clients qui passent. Ils peuvent se permettre de choisir, en fonction de la tête du client (j'étais encore gothique à cette époque ce qui, dans le milieu « rock'n'roll », n'est pas très apprécié …) et, principalement, du motif qu'ils souhaitent dessiner. Ma petite plume en noir et gris, toute simple, toute classique, ça ne plaît pas. On préfère les gros dessins saturés de couleurs d'inspiration old school. Étant moi-même très fan de ce genre si imprégné par un rockabilly qui me tient très à cœur (mon papa était chanteur de rock'n'roll dans sa jeunesse !), je peux comprendre. Je peux toujours comprendre ...
Mais quand des tatoueurs refusent votre dessin en vous ridiculisant, en se moquant de vous devant les autres clients, décrétant que votre dessin, celui-là même qui vous tient tant à cœur, qui a une signification si importante pour vous et dont vous rêvez depuis vos 15 ans, est « banal », « nul », « sans intérêt », « moche », « de la merde », ça, je ne le comprends pas …
Après ces deux mauvaises expériences qui m'avaient vraiment bouleversé, je m'étais quelque peu résignée. Je considérais alors, avec beaucoup de recul et un grand sens critique, que les tatoueurs strasbourgeois étaient « tous des gros cons ! ». Je ne voulais plus en entendre parler.
A 23 ans, ayant eu une petite rentrée d'argent, je me suis à nouveau dit : « allez, c'est le moment ». C'est là que le parrain de mon fils m'a proposé d'aller chez un de ses amis tatoueurs.
Ça c'est fait via facebook. Je lui envoie la photo d'une plume tatouée trouvée sur Google qui me plaisait assez en lui demandant de la montrer à son fameux pote tatoueur. Pour tout vous avouer, je me suis dit « c'est un pote à Laurent, ça va encore être un mec rock'n'roll qui refusera catégoriquement de me faire ma jolie plume. » 
Et pourtant, deux jours plus tard, Laurent m'appelle : « OK, c'est bon pour la plume ! Mais il ne te fera pas celle-ci, par principe, il ne tatoue pas un dessin qui a déjà été tatoué. »
J'étais plus qu'heureuse d'entendre sa réponse. Il va de soi qu'entre un tatouage trouvé via notre meilleur ami à tous, google, et une plume dessinée par le tatoueur en personne, un motif absolument unique, je préfère la deuxième option ...
Un immense sourire sur les lèvres, j'apprends alors que je me ferai tatouer samedi à 17h … Nous étions jeudi. Et moi, quand je suis heureuse je vomis :D Non, en fait, je danse ! Alors j'ai bougé mes fesses comme une folle !

A 23 ans, enfin. A 23 ans, il était plus que temps. J'avais presque honte d'être encore vierge de tout tatouage. Je mourrais d'envie d'enfin connaître cette sensation qui me faisait tant fantasmer de l'aiguille qui pénètre dans la peau et d'entendre le bourdonnement de la machine qui tournerait pour moi.

Un tatouage en cours
Source : http://www.kijiji.ca
Samedi matin. Ça y est. Trempée d'excitation, mouillée de plaisir, je souriais bêtement toute la journée. Mes proches, et surtout mon conjoint, partageaient toute l'intensité de mes émotions et, en tant que tatoués, ils n'ont pu s'empêcher de rajouter gentiment leur petit grain de sel. Voici le florilège des délicieuses remarques que j'ai encaissé à quelques heures à peine de ma première fois chez le tatoueur :
« Il faut vraiment être sûre de toi, tu sais, tu vas le garder à vie. D'ailleurs, au moment de te faire tatouer, tu vas trop stresser parce que tu vas réaliser ce que « pour toujours » veut vraiment dire »
« Tu vas voir, ça va faire atrocement mal, c'est vraiment pas une partie de plaisir, tu risques même de t'évanouir ! »
« C'est un peu comme si on te scalpait la peau tout en te la brûlant »
« Si ça se trouve, le tatoueur va te louper et tu vas te retrouver avec un truc moche toute ta vie » (ça, c'était mon chéri)
« C'est quand même très voyant sur le bras, et puis très grand, tu es sûre de toi ? »
Mon immense joie a fait place à un bonheur bien plus mesuré et une appréhension grandissante ...  Et le pire, c'est que je n'avais rien demandé à personne ! (Merci les potes ! )

17h, Laurent est enfin venu me chercher. L'enthousiasme bouillonnait en moi, je faisais les cent pas. L'angoisse était bien là, elle aussi, mais j'essayais vainement de la cacher au fond de mes converses trouées ...
Laurent venait tout récemment de se faire un tatouage dans le cou chez le fameux « Seb » que j'allais aussi bientôt rencontrer. Un grand cœur bordé de roses embrassant le terme « Mom ».
Tatouage de mon chéri, réalisé par Seb
Avant qu'on se dirige vers le tatoueur, arrêt au stand « pharmacie » où on m'a envoyé chercher de la pommade Bepanthen. Première leçon sur le tatouage : j'allais devoir me le tartiner constamment avec la même crème que j'utilise pour les fesses irritées de mes bébés …

Après un petit tour en voiture, on arrive enfin chez le tatoueur, dans la couronne périurbaine de Strasbourg.
That's so rock'n'roll, honey ! Des plaques en métal représentant des pin-up trônaient aux murs, au-dessus de tabourets zébrés. Des canapés d'un rouge éclatant agrémentés de tissus léopard accueillaient les visiteurs. Pour couronner le tout, un poster d'une bonnasse en sous-vêtement, accroché à côté de celui d'une Harley Davidson plus que sexy, achevaient de parfaire la décoration avec brio.
Le fameux Seb se fondait parfaitement dans cette déco. On aurait pu l'accrocher au mur, il aurait été la pièce maîtresse de ce studio. Ce très bel homme affichait fièrement des bras entièrement tatoués. Des écarteurs aux oreilles, des cheveux roux gominés pour un effet parfaitement rétro, on peut dire qu'il fait son petit effet.

On me montre le dessin de la plume que j'avais déjà validé sur internet. Comme une fiancée devant l'autel, je confirme devant tous les dieux, mais surtout devant le tatoueur : « Oh oui, je le veux ! ».
On se met d'accord sur l'emplacement et sur la taille. Il appose alors le stencil sur mon bras, exactement comme je le souhaitais. Il s'agit de décalquer le motif sur la peau pour que le tatoueur puisse en suivre les grandes lignes et ainsi rendre au mieux possible le dessin souhaité.
Il faut alors attendre un peu que le dessin soit sec. Pendant ce temps, je le regarde, amusée, excitée. A deux minutes de mon premier tatouage, je ne pensais plus vraiment à rien, je me laissais bercée par la chaleur doucement ardente des émotions qui m'émoustillaient.
Le séduisant tatoueur se tourne vers moi et me dit « Ça y est, je suis prêt. » Tout était paré, tout m'attendait. Je me suis dépêchée de venir m'asseoir à ses côtés et de lui tendre tout gentiment, et tout timidement, mon bras. Il me nettoie une fois de plus la peau qu'il avait déjà désinfecté au moment de la pose du stencil.
Avec son tablier, son masque et ses gants, le tatoueur fan de moto s'était transformé en une sorte de chirurgien, de boucher ou encore de mâle dominant à tendance SM ...
Mais non, quand il s'agit de tatouage, on ne plaisante pas avec l'hygiène, tout  doit être parfait.
Le tatoueur en pleine action, ma plume prend tout doucement forme ...
Hopla, c'est parti ! Il enclenche une toute petite machine, le fameux bourdonnement se fait entendre. Il empoigne mon bras et commence à tracer les lignes principales du dessin.
Au moment même où le tatoueur approchait l'aiguille de moi, j'ai ressenti un frisson parcourir tout mon corps, chatouiller mes veines, brûler les artères de mon cœur. Enfin, j'allais savoir ce que ça fait.
Une petite partie de mon
second tatouage
Tout tatoué vous le dira, le bras, c'est ce qui fait le moins mal. Les côtes, l'intérieur des cuisses, les fesses, le cou, l'intérieur du coude sont, entre autres, des zones sensibles plutôt douloureuses. Le bras, en revanche, c'est du gâteau et je vous le confirme. Si vous avez envie de vous faire tatouer mais que vous craignez la douleur, faites-vous tatouer le bras ! Je n'ai pas eu mal. Bien au contraire, j'ai trouvé cette légère sensation agréable.
Se faire tatouer l'avant-bras, quand il s'agit de son premier tatouage, est une expérience d'autant plus intéressante car elle permet de regarder le tatoueur à l'oeuvre. J'avais l'impression de me retrouver projetée dans un épisode de Miami Ink. (Kat, ma belle Kat, où es-tu ? ) J'ai pu voir quasiment chaque ligne qu'il traçait, contempler l'avancée du dessin, admirer le changement définitif de ma peau.
Il trace, il enlève le surplus, il met un espèce de gel, il trace et ainsi de suite. Progressivement, la plume prend forme.
Les plus grandes lignes étant faites, il me laisse admirer le résultat avant de continuer. Il passe alors à la réalisation des détails et des ombres qu'il fait au feeling. Tout doucement, mon tatouage commence à vraiment prendre de la gueule ! Je ne peux pas m'empêcher d'ébaucher un sourire plus que satisfait.
De petits traits clairs tous fins viennent câliner les grandes lignes plus foncées des contours. Sous mes yeux, ma plume prend peu à peu vie. Avec d'habiles effets d'ombres et de lumières, Seb le tatoueur arrive à animer mon dessin. C'est comme si ma plume était déjà en mouvement. La goutte d'encre qui coule à son bout, c'est la cerise sur le gâteau. 

Justin Bieber fait aussi parti de la grande famille des tatoués
... Oui, je poste une photo de Justin, je suis une rebelle ...
Source : fan2.fr
« Bon bah voilà, c'est fini ». Là, j'ai dû faire preuve d'une très grande force de caractère pour ne pas verser me jeter à ses genoux en criant "Encore ! Encore !" Quoi, mais c'est déjà fini ? J'aurais aimé que ça dure des heures ! C'était si agréable, j'ai vraiment adoré, j'aurais aimé avoir les moyens de me payer un immense tatouage qui recouvrirait tout mon bras ... Ce ne sont pas les idées qui me manquent !
Laurent s'exclame que, selon les endroits où tu te fais tatouer, tu as plutôt envie que ça s'arrête au plus vite et, surtout, qu'on ne recommence plus. C'est vrai qu'en choisissant le bras, je me suis évité une joyeuse douleur. Il faut dire que ce choix d'emplacement était mûrement réfléchi et en aucun cas lié à l'appréhension de la souffrance. Après tout, chères mamans, vous me comprendrez, après avoir connu la douleur d'un accouchement sans péridurale, plus rien ne nous fait peur ! 
Quoi qu'il en soit, le tatouage fini, il nettoie la peau et l'emballe dans du cellophane. Cela permet de le protéger dans les premières heures suivant sa pose.
« Alors, ça fait quoi d'avoir l'impression d'être un bout de viande ? » me lancera mon conjoint une fois rentrée.
« Bah j'adore ça ! Et toi, dis-moi, ça te donnerait pas envie de venir me bouffer ?" Mais la suite est pour le coup vraiment trop personnelle ...

On me prodigue alors les conseils que tous les tatoués connaissent sur le bout des doigts :
Ne pas prendre de bain, ne pas s'exposer au soleil, bien se nettoyer avec un savon au ph neutre, porter des vêtements en coton, appliquer régulièrement de la crème, ne surtout pas se gratter, …
Le tatoueur ayant parfaitement rempli sa part du job, c'est maintenant à moi d'assurer pour que mon joli petit bébé reste en parfait état. Mon rôle est désormais primordial, je le prends très au sérieux, il serait trop dommage de nuire à la perfection de mon tatouage !
Bientôt, des croûtes se formeront sur mon joli dessin rougeoyant, et j'aurais très envie de me démanger. Ça, c'est la deuxième phase ...

Mon premier tatouage

Je peux enfin montrer mon tatouage à mes proches. Les compliments fusent, je suis trop heureuse.
Vous noterez la distinction entre mes potes qui me disent « Oui, c'est mignon, c'est tout petit », et ma famille qui s'exclame : « Oh la la ! Mais qu'est-ce que c'est grand ! … Mais oui, c'est superbe ! » Comme quoi, les avis sur les tatouages sont vraiment très différents en fonction du milieu d'où l'on vient et de l'ouverture d'esprit dont on est capable ou non de faire preuve.



« Le plus important, c'est qu'il te plaise », déclare mon conjoint. Oh oui, il me plaît, je l'adore ! Ce tatouage, je le trouve non seulement magnifique, mais, en plus, il signifie énormément pour moi. Il me complète. Il m'habille. Il m'embellit. En fait, c'est un peu comme si une part de ma personnalité avait surgit de mon âme pour venir directement s'imprimer sur ma peau.

Ma plume est tout en finesse, tout en féminité. Elle est belle, elle est donc tout simplement ... à mon image (Quoi, comment ça je ne suis qu'un gros thon ? Sale wackes, va !)

Plus sérieusement, j'ai enfin retrouvé le plaisir de regarder mon corps et ça, pour quelqu'un d'aussi complexée que moi, ça vaut de l'or. Enfin, j'ai à nouveau une raison d'être fière de mon apparence, je peux à nouveau me plaire ... 



lundi 20 janvier 2014

Le sérieux des jeux

A tout juste 19 ans, Clément Engel a la chance de pouvoir vivre de sa passion : les jeux vidéos. Responsable du magasin Jeuxvideo.fr situé à Saverne, il nous parle de son parcours scandé par un ludisme étonnamment sérieux.

Clément Engel

Clément nous accueille avec un sourire fort sympathique à l'arrière de sa boutique. Des pochettes de jeux traînent dans tous les coins : play, xbox, wii, game boy, bienvenu au paradis des geeks !
Très charismatique, ce jeune homme éblouit par son sérieux et son sens de la communication. Il est bien difficile de réaliser qu'il a tout juste 19 ans !
Il se remémore en souriant les premiers jeux auxquels il a joué : « En fait, c'était des jeux d'ancienne génération. Donc tout ce qui est nintendo 98, nintendo NES, nintendo 64. Ce sont de vieilles consoles mais il y avait déjà des jeux bien sympa comme Mario … Ça me rappelle vraiment de bons souvenirs ! Mais je ne peux pas en dire plus, ce serait beaucoup trop long ! » rigole-t-il.
Un jeu semble tout de même se distinguer dans le flot de ses souvenirs d'enfance : « Le jeu qui m'a vraiment le plus plu, c'est Wolfenstein. C'est, il me semble, le premier jeu sorti sur Jaguar au début des années 90 et, surtout, c'est le premier jeu sorti en 3D, j'insiste bien là-dessus. C'est un jeu de tir à la première personne, un peu comme Call of Duty. Il est vraiment bien ! »
Clément maîtrise parfaitement son sujet. Les jeux vidéos, ça le connaît ! Qu'il s'agisse des jeux les plus récents et innovants ou des plus anciens totalement rétro, ce jeune passionné aux allures de premier de la classe sait toujours de quoi il parle.
Parallèlement à sa passion pour cet univers si ludique, il s'intéresse beaucoup à l'informatique. Rien d'étonnant alors à ce qu'il réponde que, dans les jeux, ce qui lui plaît le plus, « c'est l'avancée technologique. Le jeu vidéo, à la base, c'était une simple distraction mais, maintenant, c'est devenu quelque chose de vraiment artistique. C'est impressionnant ! Il y a des œuvres cinématographiques qui sont faites dans les jeux qui sont magnifiques. »
En effet, l'industrie du jeu vidéo est reine en matière d'innovations et fait preuve d'un savoir-faire incroyable mis au service de jeux de plus en plus réalistes. Les joueurs bénéficient par ailleurs d'une liberté d'action et de décision de plus en plus étonnante.
Image tirée du jeu Red Dead Redemption (site : jeuxvideo.com)
C'est d'ailleurs ce que recherche Clément dans les jeux : « J'ai des goûts très variés. Il y a tout de même un jeu qui me plaît énormément, c'est Red Dead Redemption qui est édité et développé par Rockstar Games, qui a aussi développé GTA. Selon moi, c'est le plus beau jeu. C'est un jeu qui est libre, on fait tout. L'action se passe à l'époque du western. (ndlr : il s'agit d'un GTA-like qui se déroule sur une map immense. Les paysages sont réalistes et très détaillés tout comme les personnages que le joueur rencontre au cours des diverses missions qu'il exécute). »
Quand on lui demande s'il est plutôt un fervent de la play, de la xbox ou du pc, il répond : « Je n'ai pas vraiment de préférence. En fait, en tant que testeur, de par mon métier, je fais du multiplateforme, c'est-à-dire que je joue un peu sur tout, depuis le pc jusqu'à la wii … Mais c'est vrai que j'ai une petite préférence pour la Play, c'est une console qui me plaît énormément. Cela tient bien sûr à sa prise en main, mais aussi à sa variété. Il y a toujours eu un choix énorme de jeux. C'est pourquoi je considère que Playstation a vraiment marqué tout l'univers du jeu vidéo. »
Cet univers, Clément le connaît sur le bout des doigts. Il explique : « J'étais déjà il y a deux ans à la Paris Games Week (ndlr : le salon du jeu vidéo référence en France, crée en 2008). C'est vachement sympa ! On y découvre beaucoup de choses, autant des jeux que des consoles mais aussi différents modes de publicité … C'est un de mes plus beaux souvenirs ! Je suis aussi déjà allé à Lyon, au QG de Jeuxvideos.fr où j'ai pu découvrir comment les rédacteurs rédigent les articles qui présentent les jeux, comment on fait de grosses publicités en ligne, comment on organise le lancement d'un nouveau jeu, etc. »
Image tirée de la première interview télévisée de Clément
(lien à la fin de l'article !)
Clément parle en tant que joueur mais aussi, et avant tout, en tant que professionnel. Il prend son métier très au sérieux et s'intéresse autant aux jeux en eux-mêmes qu'à toute la procédure commerciale qui les entoure. En effet, il est entré dans le monde professionnel des jeux vidéos par le biais de la vente :
« J'ai tout simplement commencé par un apprentissage. J'apprécie énormément les domaines de la vente et, surtout, de la communication. Après mon CAP, mon patron, Ludovic, qui est aussi assez jeune, il a 29 ans, avec qui je me suis toujours bien entendu, m'a donné un coup de pouce. Il est très ouvert, à l'écoute des dispositions de chacun. C'est en grande partie grâce à lui que j'ai eu la chance de me retrouver à ce poste et je l'en remercie. Il a choisi de m'aider moi parce que je suis jeune et que je connais énormément de choses sur les jeux vidéos. »
« D'être le responsable du magasin, c'est un mixe entre ma passion pour la communication et ma passion pour les jeux vidéos. Le fait d'être au courant de toutes les nouveautés, de pouvoir tester les jeux avant leur sortie, … C'est vraiment un tout ! »
Clément explique à propos de ses clients : « On a bien sûr des clients très jeunes, mais en petite quantité. Contrairement aux plus âgés, qui ont entre 20 et 30 ans, ils n'ont pas forcément la possibilité de se payer des jeux à 70 euros … Ceux qui ont un travail n'ont pas besoin de demander à papa et maman de l'argent de poche ! ».
Il ajoute d'ailleurs, à propos de ses clients mineurs : « C'est un peu dommage que les parents restreignent l'accès des jeunes à certains jeux. Je peux comprendre que des jeux comme GTA peuvent choquer mais, par exemple, interdire Call of Duty aux moins de 18 ans, je ne comprends pas. Tous les jeunes regardent Les Experts ou ce genre d'émissions, ils sont confrontés à la violence quotidiennement à travers la TV. Alors interdire un jeu de guerre, c'est un peu stupide ... ». Selon lui, « les jeux vidéos ne rendent pas violents. En fait, tout dépend de l'éducation que les jeunes reçoivent. Ça part vraiment de la façon dont les parents éduquent leurs enfants. »
Image tirée du jeu Grand Theft Auto V sur playstation 3
(site : jeuxvideo.com)
Parallèlement au cliché des jeux vidéos qui rendent violents, il dénonce également le topos du jeu comme responsable de la désocialisation des jeunes. Il évoque à ce propos le sujet des no life (ndrl : terme anglais désignant des personnes submergées par une véritable addiction à leur passion qu'ils vivent au détriment de leur vie sociale) : « C'est vrai qu'il y en a qui peuvent éprouver plus de passion pour les jeux vidéos que d'autres, mais de là à parler de no life … Pour moi, un no life, c'est un terme spécial qui ne correspondra jamais à un jeune. De 8 à 15 ans, c'est là qu'on découvre les jeux vidéos, on a forcément très envie d'y jouer, on passe beaucoup de temps derrière sa console, mais c'est normal. Un no life, c'est plutôt un mec de 30-40 ans qui, au lieu de travailler, d'entretenir une vie sociale et familiale, va rester à la maison, devant l'écran pendant vraiment beaucoup, beaucoup d'heures. »
Image tirée du jeu Beyond : Two Souls
(site internet : jeuxvideo.com)
Clément parle alors des jeux qui séduisent le plus largement sa clientèle actuellement : « Je dirais que c'est le FPS (ndlr : First-Person Shooter et donc jeu de tir à la première personne, le joueur voit l'action à travers les yeux du personnage qu'il incarne) comme Battlefield ou Call of Duty. Ce sont des jeux très branchés sur le social, le multijoueur. On pourrait penser que des jeux comme Last of Us ou Beyond, qui incarnent la perfection, qui sont juste hallucinants, sont ceux qui rencontrent le plus de succès, mais non. C'est un peu con ... »
En tant que véritable passionné des jeux vidéos, Clément animait sa propre chaîne youtube sur laquelle il testait des jeux et donnait son avis. S'il a été récemment contraint de fermer sa chaîne pour des raisons personnelles, il nous parle tout de même de cette nouvelle mode qui fait des ravages au près des jeunes geeks : 
« En gros, je me filme en train de jouer. J'ai la chance de recevoir les jeux avant qu'ils sortent ce qui me
Image tirée du jeu Battlefield 4 sur PC
(site : jeuxvideo.com)
permet de balancer les vidéos sur internet en avant-première. Je n'ai pourtant pas la réputation d'un DiablOx9 par exemple. (...) Tous les jeunes veulent poster leurs exploits sur youtube. Que ce soit avec un smartphone ou un HD PVR, c'est ce qui permet de réceptionner la vidéo puis de la ressortir sur internet. C'est assez tendu du coup pour réussir à se faire connaître du grand public. Pour un amateur, un p'tit gars de la campagne comme moi, c'est quand même correct car, en règle générale, j'ai 500 vues par vidéo. Après, sur Saverne, il y a Mister Elsass qui est le best sur le secteur ! Il arrive à faire beaucoup de vues sur internet, parfois jusqu'à 5000 par vidéos, même plus. Vraiment, félicitations à lui. » 
A la fin de l'entretien, Clément explique qu'il envisage par la suite de quitter professionnellement l'univers du jeu vidéo. Il confie : « On me considère souvent comme un mec qui n'a pas de vie sociale, pas d'amis, qui ne sort jamais. Comme si je ne vivais que pour le jeu vidéo ! C'est totalement l'inverse ! Les gens qui ne me connaissent pas ne me prennent pas au sérieux à cause de mon métier. Franchement, je ne serais pas contre un autre travail où je pourrais arborer un costard-cravate tout au long de la journée ! »
Cette réflexion étonne car il suffit d'échanger quelques mots avec ce charmant jeune homme pour réaliser qu'il est très professionnel, sérieux et terre-à-terre. D'une très grande gentillesse, Clément envisage d'ailleurs de prendre contact avec la mairie de Saverne afin de s'engager auprès des jeunes : « C'est un peu mort sur Saverne et alentours. Il n'y a pas grand chose qui se passe pour les jeunes. J'aimerais pouvoir organiser des soirées de jeux : poker, jeu vidéo, etc. Pour que les jeunes puissent se rassembler et s'amuser ensemble. »
Clément, en fait, c'est un peu le parfait gendre, ou le parfait grand-frère.

La première interview télévisée de Clément :
http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=u2mGZ5MasBY




vendredi 17 janvier 2014

Invitation au voyage

Laurent est affalé sur le canapé, un verre à la main. Des tatouages maori s'étendent sur sa peau comme autant de souvenirs de voyages gravés jusqu'au plus profond de son âme. Thaïlande, Laos, Cambodge, mais aussi Kenya, Tanzanie, Zanzibar ou Zimbabwe, ce jeune quarantenaire a visité de nombreux pays. Dans ses yeux bruns, presque noirs, brillent d'étranges lueurs. Ce sont les étincelles du fantasmagorique exotisme qui l'anime.

Toutes les photos de cet article ont été prises par Laurent au cours de ses voyages.

« J'ai commencé à voyager sur le tard », déclare Laurent. C'est en 2001 que, pour la première fois, il s'est lancé et a osé franchir les frontières du confort rassurant de ce petit cocon qu'est l'Europe de l'ouest. Il avait alors une trentaine d'années.
Quand on lui demande ce qui l'a poussé à quitter sa ville natale, il répond en éclatant de rire : « Je ne supportais plus les cons à Strasbourg ! ».
Les photos illustrant la première partie de cet article ont été prises en Asie
Il est comme ça, Laurent. Un langage cru, un regard franc, une attitude très rock'n'roll. Cet homme, c'est un peu un ovni qui bouleverse les terrifiants carcans de la société, un extra-terrestre venu sur Terre pour profiter au maximum de la luxuriance des cadeaux que peut offrir la vie.
« En fait, je me suis lancé un ultimatum à moi-même. Ça n'a pas été facile ». « J'ai dit à tous mes potes que j'allais partir pendant 8 mois. Du coup, je n'avais pas le choix, je ne pouvais pas me dégonfler ! ». S'il devait de prime abord partir seul, la mère de son fils l'a finalement accompagné. Ensemble, ils ont pris l'avion direction l'Asie.
« Quand on est arrivé à l'aéroport de Bankok, on s'est regardé et on s'est demandé : Et maintenant, on fait quoi ? »
Partir à l'arrache, c'est tout à fait le genre de Laurent. Ce bel homme, d'apparence si sûr de lui, aime se lancer des défis, embrasser l'inconnu, flirter avec la sensuelle excitation du danger. Adrénaline, endorphine, toutes ses hormones habitent son corps, elles sillonnent ses veines. Le voyage est pour lui un moyen de se tester, de voir de quoi il est capable. C'est un besoin. Le besoin de faire battre son cœur, la nécessité de s'étonner, l'envie d'être émerveillé.

C'est cette vague de liberté mêlée des émotions les plus fortes qui lui offre cette formidable passion pour la vie.
« Quand tu veux vraiment connaître un pays, tu regardes où vont les touristes … Et tu vas dans le sens opposé ! » C'est ce que Laurent et son ex-femme ont fait en Asie.
Il explique : « Les vacances, c'est totalement différent des voyages. Quand tu pars en vacances, au bout d'un mois, tu te dis: bon, bah voilà, il va falloir que je rentre. Quand tu pars en voyage, tu te dis : Ouah ! Ça fait un mois que je suis là … Et je vais rester encore sept mois ! Et c'est là que le temps s'arrête ... Tu as vraiment le temps de découvrir un pays ! »
Ce qui compte pour lui, ce n'est pas de visiter les lieux les plus touristiques et de faire le plus de photos possible. Non, ce qui lui importe, à travers son voyage, c'est de partir à la conquête de l'âme des continents. Il veut mettre le pays à nu, comme un homme déshabillerait une femme. Se contenter des fausses images tendues aux touristes, des clichés artificiels, c'est tout simplement hors de question. D'ailleurs, quand il évoque ses voyages, il ne parle pas de dates, pas de lieux, mais plutôt de sentiments. Comme si chacun de ses périples n'était autre qu'une intense émotion prenant possession de ses entrailles.

Il a visité l'Asie du sud est à deux reprises. Il s'est rendu au Laos, en Thaïlande, au Cambodge, en Birmanie et au Vietnam.
Il raconte : « L’Asie, ce n'est que du bonheur. C'est l'ultra-tolérance ! Tant que tu ne parles pas de politique, de religion ou de cul, tout va bien, tout est possible. »
« Là-bas, on ne touche jamais aux touristes. Une femme est plus en sécurité là-bas à 4h du matin que dans une grande ville d'ici. Je me rappelle que, pendant mon deuxième voyage, j'étais parti avec ma nana. Elle est allée s'acheter un truc à manger, seule, en pleine nuit. Elle a croisé un mec en tuk-tuk qui l'a gentiment raccompagné. »
Il explique que, en Asie, tout est zen, et tout prend du temps. « Là-bas, tu dis à un mec : On se retrouve à l'apéro ! Mais tu ne précises pas quel jour ni quelle heure. Si le mec est en retard, ou même s'il ne se pointe pas, tu t'en fous, tu le verras le lendemain. »
« L’Asie, c'est ce dont j'ai toujours eu besoin : de la sérénité. Tu as le temps de te poser, tu te laisses vivre. Tu ne te tortures pas le cerveau avec plein de questions ».
Il ajoute : « Tu sais, en Asie, tout se paye, mais rien n'est cher. J'ai dû dépenser 3500 euros à peine pendant mes huit mois là-bas. Je me rappelle que j'avais payé un euro un mec qui me portait mes bagages. On était tous les deux contents : lui, parce qu'il avait gagné un peu d'argent, et moi, parce que j'étais tranquille ! »
« Je m'en fous des grands hôtels et du luxe ! Nous, on dormait dans des bungalows, sur des hamacs. De toute façon, ta chambre, tu n'y es que pour dormir. Il n'y avait même pas d'eau chaude ! En même temps, il fait 34°C alors tu t'en fous ! Dans ces conditions, il n'y a rien de mieux qu'une bonne douche froide ! » Rigole-t-il.

Il explique : « Les voyages, c'est vraiment difficile à raconter. Tu racontes tes vacances, mais pas un voyage. Il y a beaucoup trop de choses à dire. Je me rappelle qu'à l'époque, je demandais souvent à un pote qui avait beaucoup voyagé de me parler de ses périples, mais il ne disait jamais rien, je ne comprenais pas trop pourquoi. Je pensais qu'il voulait tout garder pour lui. On s'est revu quelques années plus tard. Moi aussi, j'avais voyagé. Là, il m'a dit : « Maintenant, tu sais. Maintenant, on peut parler. ». En fait, il suffisait qu'on dise « Ah, toi aussi, tu y as été ? C'est ouah ! » et voilà, on se comprenait. On savait ce que nos regards voulaient dire ».
Parler des voyages à quelqu'un qui n'est jamais parti de chez lui, c'est comme expliquer la sensation d'un torride baiser à quelqu'un qui n'a jamais connu les plaisirs des caresses. D'ailleurs, quand Laurent fait le récit des phénoménales dédales pris par sa route, on a l'impression d'être face à un homme qui peint le tableau de ses premiers amours.
Koh Tao, l'île de la Tortue (en raison de sa forme), en Thaïlande

L'amoureux de l'ailleurs nous parle alors de l'Afrique. « C'est en 2003 que j'y suis allé. Avec deux blondes ! Ma nana et une copine à elle ! ». Ces trois amis avaient prévu de rejoindre une de leur connaissance en Asie.
Toutes les photos ci-dessous, celle-ci y compris, ont été prises en Afrique
Sa copine ayant raté ses examens, ils ont décidé au dernier moment d'annuler ce voyage pour, finalement, se rendre, une fois les épreuves écrites finies, en Afrique.
En effet, « l'Asie, on y avait déjà été, on connaissait. On avait envie de découvrir autre chose, de vivre d'autres expériences ... »
Pendant plus de trois mois, ils sont partis à la découverte du Kenya, de la Tanzanie, du Zanzibar, du Malawi, du Mozambique et du Zimbabwe.
Laurent se rappelle du cratère du Ngorongoro en Tanzanie et du lac du Malawi, le cinquième plus grand au monde, dont la faune aquatique est époustouflante de richesse. L’Afrique c'est « just fucking awesome ! » dixit notre cher voyageur.
« Ici, tu stresses parce que ta connexion internet est un peu trop longue. Là-bas, ils vivent dans des baraques sans rien dedans, il n'y a que leurs couchettes. Pourtant, quand tu les vois, ils ont toujours des sourires jusque derrière les oreilles ! »
Il avoue : « Avant, je ne savais même pas que le Malawi existait ! C'est un peu le hasard qui nous a poussé à y aller ! On avait rencontré des voyageurs qui se faisaient un tripe de plus d'un an entre l’Égypte et l'Afrique du sud. On les a suivi ! »
Il explique : « Si tu pars du point A, tu n'es jamais sûr d'arriver au point B ! Faut dire qu'il y a plein de lettres entre ! » Telle est la conception du voyage selon Laurent.
Si l'Asie est pour lui le continent de la zénitude, l'Afrique s'est révélée dangereuse. « Il y a beaucoup de pays
instables. Par exemple, le soir, au Malawi, on nous conseillait de ne pas sortir. Franchement, on parle du racisme en France mais, là-bas, tu découvres vraiment ce que c'est, le racisme. Il y en a qui ne se gênent pas pour te traiter de cul blanc ! »
L'Asie a aussi ses parts d'ombre, comme Laurent a pu le découvrir. Sa gourmandise insatiable pour l'inconnu l'a même poussé à risquer sa vie. C'était en Birmanie, pays où il a passé trois semaines :  « C'était il y a une douzaine d'années. Le pays était en proie au régime communiste. A cette époque, tu ne te méfiais de personne, sauf de l’État ! Il y avait une bande territoriale où tu étais en sécurité en tant que touriste. Mais, moi, j'ai voulu sortir des chantiers battus. J'ai payé 500$ des mecs pour qu'ils m'accompagnent avec des kalachnikovs. Franchement, je ne m'étais jamais imaginé que c'était chaud à ce point. Dès que l'armée ou qu'une milice passait, il fallait se cacher dans les fourrées. Si tu faisais le moindre bruit, si tu toussais, t'étais mort. On s'est fait tirer dessus, j'ai entendu les balles siffler au-dessus de ma tête, et le « tac tac » si reconnaissable des kalachs. Du coup, j'ai posé 50$ pour pouvoir en avoir une moi aussi ! »

Au cours de ses périples, Laurent a rencontré pas mal de routards, des globe-trotter venus des Etats-Unis, d'Irlande ou de la Réunion. « L'amitié de voyage, c'est quelque chose de tout à fait différent. C'est vraiment plus profond, plus intense. Même si je ne les ai pas vu depuis 10 ans, je sais que je peux compter sur eux. Ils seront toujours là pour moi, prêts à m'accueillir. »
Cet homme si original, qui a passé presque autant de temps en tant que chef de chantier que chef en cuisine, qui a tenu sa propre boutique de vélos américains et qui a aussi brillé en tant que barman, a une vie tout à fait différente du commun des mortels ou, plutôt, une façon de voir l'existence qui est totalement inhabituelle. Cette fantaisie si sucré, toute sa singularité, il la doit à ses voyages : «  Les voyages, ça m'a apporté tout ce que les autres ne comprendront jamais. Un altruisme, une véritable compréhension, une grande tolérance. Ça m'a apporté une nouvelle ouverture sur le monde, une perception inouïe de la vie. »
« Je me suis parfois senti perdu, mais c'est ça qui est bien. Pendant tes voyages, tu découvres plein de nouvelles choses, tu dois constamment t'adapter. Tu ne sais jamais de quoi sera fait demain. Je me rappelle de cette citation : « Si l'aventure est dangereuse, la routine est mortelle. »


Impossible d'en savoir plus sur ses voyages. Il s'agit d'aventures que les mots ne parviendront jamais à atteindre, de sentiments que les phrases ne pourront jamais capturer. Il suffit de regarder les étincelantes lueurs de ses yeux pour comprendre le bonheur que cet homme a connu au cours de ses voyages. Torturé entre ici et là-bas, ses photographies, qu'il a si gentiment accepté de nous partager, sont le reflet de la liberté qu'il a respiré, de l'exotisme qu'il a bu, de la beauté qu'il a vu. Un mélange détonnant de couleurs, certaines fortes, d'autres douces, des nuances inconnues, des éclats inattendus, et toute la tendresse charnelle du soleil réchauffant une peau nue. En nous parlant de son expérience, Laurent ne peut que nous lancer la plus belle des invitations au voyage ...

Laurent


( De vous à moi, j'ai entendu dire que Laurent s'apprêtait à refaire ses bagages. Destination : Amérique du Sud ! )



Mon enfant, ma soeur,                                                            Extrait de :
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble!
Aimer à loisir,                                                                          Baudelaire
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés                                                                  L'invitation au voyage
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux                                                                           Spleen et Idéal
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.                                                          Les Fleurs du Mal



lundi 13 janvier 2014

Nail Art : T'as de beaux ongles, tu sais ?

Laure, une véritable passionnée de maquillage, fière de posséder plus de 120 vernis différents, nous parle du nail art !

Nail Art réalisé par Laure

Toute fashionista digne de ce nom connaît cet incroyable phénomène de mode qui consiste à transformer ses ongles en de petites œuvres d'art. Fini la simple application de vernis, maintenant, la manucure, c'est beaucoup plus complexe ! Deux heures en moyenne pour transformer ses mains : panthère, smiley, pois, rayures, roses ou têtes de mort, la fantaisie créative n'a plus de limites !
On a trop souvent tendance à déconsidérer le maquillage, comme s'il ne s'agissait que d'une préoccupation totalement futile. Le nail art démontre que l'intérêt porté aux cosmétiques est bien plus qu'un simple plaisir pour certaines femmes. Cet art des ongles nécessite une patience extraordinaire et une très grande minutie. Il faut faire preuve de beaucoup de concentration, être constamment « au taquet ! ». C'est ce que cette « nailista » va nous révéler …


Jolie demoiselle de 24 ans, Laure s'intéresse à la mode et, surtout, au maquillage depuis son enfance. « C'est en fouillant dans la salle de bain de ma mamie que tout a commencé. Je voulais faire comme elle, je voulais lui ressembler ». Elle se souvient encore très bien du petit panier où sa grand-mère rangeait son maquillage : « Il y avait un rouge à lèvre rose flashy, du mascara et un crayon bleu comme le ciel ».
A cette époque, tous ces cosmétiques étaient pour elle un moyen de jouer les adultes. Aujourd'hui, sa conception du maquillage a bien changé : « Pour moi, c'est d'abord un plaisir. Ça me permet de déstresser. En plus, j'appends plein de choses grâce à ça : toutes sortes de techniques mais aussi le cercle chromatique des couleurs, etc. Le maquillage, c'est quelque chose qui s'apprend. On ne réussit pas immédiatement. On se perfectionne. Notre style évolue. »
Nail art réalisé par Laure avec la technique du Stamping
Elle ajoute : « Le maquillage, c'est l'art et la manière de cacher tes défauts. Le matin, quand tu te regardes dans le miroir, tu te trouves souvent moche. Grâce au maquillage, tu arrives à te sentir belle. ». Pour elle, le maquillage n'est pas un masque derrière lequel on se cache mais bien un révélateur de la beauté de chaque femme. Il permet de contrôler son image, de maîtriser son apparence, mais aussi d'illuminer sa personnalité.
En semaine, elle passe 15 à 20 minutes en moyenne à se maquiller. En week-end, c'est le double, et pour cause : « comme j'ai du temps, j'en profite pour m'amuser et tester un max de trucs ! ». Elle explique : « Plus tu te maquilles, plus tu as envie de tester de nouveaux produits, d'apprendre à maîtriser de nouvelles techniques. »
Côté budget, Laure se montre raisonnable. Elle dépense environ 50 euros par mois en cosmétiques, « hors période de soldes ! », précise-t-elle en éclatant de rire. « Le jour où j'ai découvert le maquillage en Allemagne, ça a vraiment été déclencheur. Grâce à l'Allemagne, on a accès à des produits de bonnes qualités, innovants et le tout à des prix très abordables. » Elle achète principalement ses produits au DM ou chez Kiko, mais elle avoue : « j'ai des envies qui vont de paire avec mon budget qui a pu évoluer depuis que je travaille ». Elle s'intéresse maintenant à des marques plus luxueuses telles que Dior, Lancôme ou Urban Decay.
Nail art réalisé par Laure
« J'ai commencé par lire toute la presse féminine comme Cosmopolitan ou Biba pour apprendre de nouvelles choses. Internet a évidemment été une vraie révolution. Les blogs me permettent de découvrir de nouveaux produits et de nouvelles techniques. Je lis aussi des forums. Je me sers principalement de Youtube pour pouvoir progresser. » Laure suit un certain nombre de youtubeuse très connues comme Lauren Curtis, Shaaanxo, Carli Bybel ou Cute Polish qui est, selon elle « la plus douée en nail art ! ».
« Celles qui te diront que ça vient tout seul sont des menteuses ! » S'exclame-t-elle. « Au début, tu ne fais que copier les autres. Tu te sers des photos de mode ou des tutoriels qu'on trouve sur youtube pour reproduire exactement à l'identique ce que les autres font. Tu ne peux pas y arriver sans passer par cette première étape. Ensuite, une fois que tu commences à maîtriser des techniques, tu agrémentes en ajoutant tes petites touches perso. »
A propos du nail art, Laure explique que sa passion pour les vernis a commencé au lycée. « Au début, il n'y avait que peu de couleurs disponibles. On trouvait surtout du rouge, du rose et du blanc ». « C'est au cours de mes dernières années au lycée que le nail art a commencé à apparaître. » C'est en se rendant sur des sites internet américains que Laure a découvert cette formidable révolution dans le domaine de la manucure : « Des filles cumulaient plusieurs couches de vernis, elles tentaient des choses ! C'était nouveau ! »
C'est en 2010 que le premier vernis ayant un effet dit craquelé est arrivé. Ce fut « révolutionnaire ! » déclare Laure. « Ça a affolé le monde du vernis. C'était l'élément déclencheur. Après ça, tout le monde voulait des vernis originaux. C'est une véritable course à l'innovation qui a commencé ! »
Nail art réalisé par Laure
Les couleurs se multiplient et éclatent sur les étales des boutiques comme autant de milliers de petits feux d'artifices. Orange, jaune, bleu, vert, violet, noir : toutes les nuances de l'arc en ciel débarquent sur les ongles des nailistas ! Les textures les plus folles viennent parer les ongles grâce à de multiples effets : du craquelé au pailleté en passant par l'holographique ou le sablé, les vernis ne connaissent plus la moindre limite.
« Le nail art permet d'exprimer ta créativité, ton excentricité, toute ta personnalité » explique Laure. Selon elle, « les beaux ongles terminent ta tenue. Ils habillent tes mains. Les mains sont, avec le visage, ce qu'on voit le plus. Les ongles sont comme une fenêtre ouverte sur ce que tu es. » « Aujourd'hui, les femmes ne peuvent plus regarder leurs ongles sans se demander ce qu'elles vont pouvoir mettre dessus. »

Laure nous explique les différentes étapes de cet art éphémère :
« On commence par une première couche de vernis protecteur, la « base ». Cela permet de préparer l'ongle, de le protéger des couleurs, de le renforcer. »
On met ensuite une première couche de vernis de couleur. Ou plutôt, on en met deux : « une fine puis une plus épaisse. »
On fait son dessin.
On termine par une autre couche protectrice qui va protéger le vernis.
Si on respecte ces différentes étapes, celui-ci pourra tenir pendant une semaine.

Afin de réaliser un nail art, il apparaît comme nécessaire de posséder un certain nombre d'outils. Il existe des stylos, des stylos liner, des petits instruments aux bouts ronds permettant de faire des points, des stickers ou encore des bandes de stripping tape.
Nail art réalisé par Laure avec la technique du Stripping Tape
« Le stripping tape est une grande bobine dans laquelle on découpe une bande hyper fine adaptée à la forme de l'ongle ». On peut mettre cette bande sur l'ongle puis le couvrir entièrement de vernis et retirer la bande ce qui permet de faire toutes sortes de traits bien droits. Vous l'aurez compris, « on ne peut rien faire sans pince à épiler ! »
Laure nous parle aussi d'une autre technique qu'elle a eu beaucoup de mal à maîtriser : le stamping. Il s'agit de plaques en métal sur lesquelles sont gravés de minuscules dessins. On met une goutte de vernis sur le dessin, on racle pour enlever le trop-plein, on tamponne le dessin afin de l'appliquer ensuite sur son ongle. « Il faut faire tout ça en moins de 10 secondes, sinon le vernis sèche ! »
Il faut être une véritable passionnée pour passer deux heures à embellir ainsi ses ongles. C'est un travail de minutie, pour un art corporel si court, presque fugitif. Il suffit d'un tout petit geste parfaitement anodin pour ruiner sa manucure. Il est bien difficile d'attendre sagement pendant dix minutes que son vernis soit parfaitement sec or, après autant d'efforts, il est interdit de tout gâcher en passant ses mains dans les cheveux ou en triturant son téléphone portable !

Laure, fan inconditionnelle de la marque Essie, bien qu'elle apprécie aussi des marques comme OPI, Nail Ink, NFU OH ou China Glaze, explique : « C'est long et hyper chiant de se faire les ongles ! ». Il lui faut parfois s'y reprendre à trois fois pour réussir un dessin. « Mais ça fait plaisir de voir ce que tu es capable de faire ! Et puis, sur Instagram, où je mets des photos de mes réalisations, je reçois beaucoup de compliments de gens que je ne connais pas, des australiens et des américains, c'est une vraie fierté ! Il y a même les représentants d'une marque qui m'ont complimenté pour l'utilisation que j'ai fait de leurs vernis ! »

Je ne peux m'empêcher, à la fin de l'interview, de lui poser une dernière question : « Mais alors, le nail art, ça se fait aussi sur les ongles des pieds ? » Laure confirme que oui, c'est une tendance très répandue même si elle préfère se contenter de ses mains.



Retrouvez Laure sur Instagram ! : http://instagram.com/laurecasper