dimanche 1 février 2015

Le Crochet du gauche : les trois super nanas du tricot rétro !

Le Crochet du gauche ? Mais c'est quoi ? Ça parle de boxe ? Moi j'dis que ça sent la sueur, l'uppercut et les bleus !
Euh ! Non, tu n'y es pas du tout !
Le Crochet du Gauche, c'est un groupe de trois copines fan de tricot, couture et crochet qui réalisent de leurs petites mains habiles de superbes habits ou accessoires glamours, décalés, et complètement rétro !
Les mystérieuses filles du crochet se mettent à nu pour Rock'n'art of Elsass, elles nous dévoilent tout sur tout ! Alors mesdames, messieurs, c'est parti, à vos aiguilles !

(Toutes les photos de cet article m'ont été remises par les filles du  crochet)
Les filles du Crochet sont taquines. Elles gardent leur identité quasi-secrète, testant les réactions de leur entourage. Et si tu demandes à l'une d'elle "Hey ! Tu connais le Crochet du gauche ?", tu peux être sûr qu'elle va te répondre avec un grand sourire "Non, pas du tout !"
Mais aujourd'hui, elles lèvent le voile (tricoté évidemment) sur leur identité ! Alors, qui tient ces petites aiguilles malines et adroites qui réalisent de si beaux pulls, bérets, sacs à main, foulards ou pinces à cheveux que toute pin-up digne de ce nom doit avoir dans son tiroir ?
Elles s'appellent Hélène, Marie-Laure, Nadège, et elles se connaissent depuis presque toujours (d'ailleurs, deux d'entre elles sont sœurs). Ce qui les unit avant tout ? Se retrouver pour boire un verre entre copines, l'humour et surtout l'amour de la couture et des années 50 !
Mais comment la folle aventure Crochet du gauche a-t-elle commencé ? La réponse est simple : un peu par hasard !
Elles expliquent : "Ça faisait longtemps qu'on se voyait, qu'on allait boire des coups. Et puis ça a vraiment commencé avec le Grump'Ink (expo consacrée à la culture tattoo en août 2014) On discutait avec l'organisateur, Stef (pierceur chez Derm Hospice, également DJ Acab, également organisateur de plein d'événements sur Strasbourg, bref, va voir sa page facebook !) On s'est dit qu'on pourrait y participer, qu'on pourrait essayer de créer quelque chose ... On n'a pas vraiment réfléchi en fait ! Donc ça s'est fait super rapidement, on a eu trois jours pour tout faire, trouver un nom, créer un groupe facebook, c'était un peu speed, un sacré challenge !"
Pull made in Strasbourg by le Crochet du Gauche
"Alors on a commencé par se trouver un nom ! Au début, on ne voulait pas des clichés habituels, pas de jeux de mots ... Et puis finalement on a choisi Crochet du gauche ! On avait d'abord opté pour crochet du droit mais, en dédicace à Nadège, qui est gauchère, on a choisi Crochet du gauche ! Parce qu'on ne pense jamais aux gauchers : Quand tu regardes les modèles de tricot ou de crochet, etc, c'est toujours prévu uniquement pour les droitiers."
"Une fois le nom trouvé, il a fallu qu'on se mette au boulot ... Parce qu'on n'avait rien à exposer ! On n'avait plus du tout de vie sociale, nos hommes nous ont bien maudites ! Nadège a d'ailleurs conceptualisé et réalisé notre logo en un temps record ! "
Ainsi est né le Crochet du gauche ! Le principe est simple : trois copines totalement déjantées qui tricotent, crochètent, cousent, du rétro à gogo ! Si elles adorent se retrouver ensemble autour d'un verre (une bonne petite verveine !), elles ne travaillent pourtant jamais ensemble : "On se dit toujours : allez, on se retrouve, et on tricote ! Mais c'est impossible ! On fini toujours par papoter, rigoler ..."
Hélène explique : "On est assez différentes toutes les trois mais je pense que le rock'n'roll est central. Ensuite on a chacune nos particularités. Nadège aime beaucoup la country par exemple. Moi, je suis très rockabilly, je faisais d'ailleurs partie de Vdk asso. Je voyais souvent des artistes qui exposaient à des concerts, des festivals, je trouve ça génial, et forcément, ça donne envie."
Le tricot est pour elles une véritable passion. Pour Marie-Laure, c'est même un mode de vie. Et quand je lui demande quand elle a appris à tricoter, elle me répond en imitant une voix de grand-mère "mais tu n'étais pas née mon enfant !" Puis plus sérieusement "En fait, moi, j'ai toujours tricoté. Je savais tricoter avant de savoir lire. Et puis je ne fais que ça, tout le temps ! En attendant le bus, dans le bus, je tricote tout le temps. Je crois que c'est vraiment une drogue. Ce n'est pas du tout une contrainte. C'est juste que je ne sais plus comment faire autrement qu'en étant en train de tricoter. Je peux parler, regarder la télé, faire plein de trucs, tout en tricotant."
Il faut en plus préciser que Marie-Laure est marchande de laine !
Pour ce qui est de la sémillante Hélène, elle raconte : "C'est grâce à Marie-Laure que je me suis remise à tricoter ! J'ai appris toute petite puis j'ai oublié parce que ça ne m'intéressait plus du tout. J'ai repris avec ma belle-maman, je faisais de magnifiques pulls informes ! Au début ça me barbait d'être précise, je voulais aller vite, j'utilisais de grosses aiguilles, de gros fils ...
Et donc avec Marie-Laure et Nadège on s'y est remis plus sérieusement. On peut beaucoup dire "c'est grâce à toi, grâce à elle", parce qu'on échange beaucoup. On s'apporte énormément de choses. Par exemple, il y a un mois et demi, je ne savais pas crocheter ! Donc avec le Crochet du gauche, en trouvant des modèles qui donnent envie, je me suis lancée!"
Leur source d'inspiration ? Tout ce qui va des années 30 aux années 60. Elles précisent : "On ne fait pas que de la reproduction, parce que c'est vraiment compliqué ! Il faut déjà adapter les tailles parce que la nomenclature, les tailles, sont totalement différentes d'aujourd'hui ! On doit aussi adapter les anciens modèles à nos machines à tricoter donc fatalement, ce n'est plus pareil."
"C'est impossible de faire un modèle vraiment à l'identique qui date d'avant les années 60, je pense. C'est plus des formes, des motifs qui nous inspirent. Puis on adapte comme on veut, comme on peut."
Hélène raconte : "Quand tu trouves d'anciens catalogues chez Emmaüs par exemple, ça te donne vachement envie de recréer tous ces modèles. J'adorerais pouvoir simplement regarder un modèle puis le refaire en deux coups d'aiguille, mais je n'y arrive pas ! Il y a tellement de choses que tu vois, un joli pull sur une photo des années 40, mais tu ne retrouves pas les explications donc il faut inventer une recette ... Alors que Marie-Laure y arrive ! Elle est super douée ! Il lui suffit d'un regard et puis hop !"
Elles expliquent : "Tu pars d'une idée et au final, ça ne donne pas du tout ce que tu avais prévu. Disons qu'on prend une base et puis on improvise. On fait beaucoup de prototypes, on se lance des challenges. Par exemple on se donne pour idée de réaliser un bonnet puis on essaye toutes les manières possibles de le réaliser."
Marie-Laure ajoute : "On apprend tout le temps. A chaque fois qu'on se lance dans une nouvelle idée, on découvre de nouvelles choses, de nouvelles techniques ..."
Très proches, elles partagent les mêmes délires, elles passent leur temps à rigoler. Elles complètent les phrases l'une de l'autre, sans jamais se départir de leur sourire. "On partage beaucoup ! Dès qu'on découvre un truc, on le montre aux autres. On se donne des conseils, on se critique aussi. On n'est vraiment pas dans le concept atelier tricot, etc. C'est plus petit à petit qu'on échange des techniques, des conseils, d'égal à égal."
Et quand je leur demande "Et vous vous mettez d'accord ensemble sur ce que vous allez faire ?" Marie-Laure me répond : " Mais je ne suis même pas d'accord avec moi-même sur ce que je vais faire ! Non en fait, on ne décide pas à l'avance, on fait selon l'envie, l'inspiration, les techniques."
Hélène explique : "Parfois t'as juste envie de crocheter un peu en regardant un mauvais film alors qu'à d'autres moments, t'as plutôt envie de t'y mettre vraiment, de manière exclusive. Parce qu'avec la machine à tricoter, c'est exclusif ! Il faut compter, il faut reporter des choses, c'est un sacré investissement !" 
Et Marie-Laure d'ajouter, toujours en rigolant : "Tu ne peux pas regarder un mauvais film avec la machine à tricoter ... C'est d'ailleurs le grand drame de ma vie !"
Le Crochet du gauche, c'est bien simple, c'est trois copines qui partagent une passion, sans jamais se mettre la pression : "On n'a pas de visée genre : dans une semaine il me faut 25 pulls ! C'est du plaisir. C'est selon les envies, les besoins, les possibilités, il n'y a aucune pression. A part quand on a du en préparer tout plein pour la Grump'ink expo ! On avait accepté alors qu'on n'avait absolument rien de prêt, aucune matière à présenter. Mais ça nous a montré qu'on était capable de le faire ! En fait, on aurait du commencer l'interview en précisant qu'on est un peu cinglée !"
"On veut vraiment garder ce côté fun ! Parce que si tu te lances dans un truc trop compliqué, trop stressant, ce n'est plus pareil. On ne veut pas que ça devienne une contrainte. On n'est que trois copines qui tricotent en buvant du thé vert, quoi !"
Et pour ce qui est de leur fascination pour les fifties, Hélène raconte : "Tout, tout, tout j'aime tout ! Je voudrais renaître dans les années 50 ! Avec les droits des femmes d'aujourd'hui quand même ... Encore que, je pense que je serais une magnifique petite ménagère, tout à fait passive ... Nan, je plaisante !"
"Mais c'est vrai que les femmes sont magnifiques ! Elles passent du temps à s'apprêter, à choisir et même faire leurs habits ! Elles faisaient les habits pour leur mari, pour leurs enfants, et même les rideaux ! ... Mais bon, le problème, c'est qu'il n'y avait que ça à faire !
Quant à Marie-Laure, elle explique : "Toutes les fringues, toutes les coupes de pantalon, de robe, c'est bien simple ... je suis faite pour ça ! N'importe quel jean large, c'est magnifique ! C'est élégant, classe, ça met en valeur la féminité. Même les filles qui fabriquaient des bombes avec leurs blouses, leur fichus sur la tête, elles sont superbes, très féminines ! C'est ... Ouah !"
"C'est quand même dingue d'avoir des femmes aussi féminines qui ont juste le droit de fermer leur gueule ! Aujourd'hui on est passé dans l'autre sens et c'est vraiment dommage. On devrait pouvoir avoir le droit de s'exprimer tout en étant féminine !"
Le rétro leur colle décidément à la peau. Mais il faut préciser que le vintage est une mode qui va grandissante. Hélène, qui portait ce soir là un superbe pull (tricoté, évidemment !) avec des as de pique, nous partage son sentiment à ce sujet : "Je pense que la mode est cyclique de toute façon. Mais les années 50, c'est différent. C'est une décennie qui inspire aussi bien par les vêtements très typiques que par la musique qui revient en force maintenant. Il y a de plus en plus de groupes de swing, de country, alors qu'avant on trouvait ça vieux ! C'était complètement ringard !"
"C'est ce renouvellement de la musique qui entraîne le retour de la mode. C'est assez différent des années 60 par exemple qui reviennent tous les 5 ans, avec les robes chasubles etc. Ça dure deux-trois ans, avec l'influence des grands couturiers, puis ça disparaît. Alors que les années 50, ça fait 10-15 ans que c'est là, que ça prend de l'ampleur même, donc je pense que c'est différent d'un simple phénomène de mode. C'est lié à la musique, à l'art, ..."
L'élégante et amusante Marie-Laure ajoute : "T'as l'impression d'être rebelle, parce que ça remonte à deux générations en arrière ! Et ça va durer jusqu'à ce que nos filles trouvent ça naze ... Puis ça reviendra ! Je sais que ma tante déteste tout ça, parce que ça lui rappelle son enfance. Ça n'a rien de nostalgique, d'original, pour elle c'est juste vieux. Elle est contente que ce soit fini. Alors que nous, on se ruine pour pouvoir racheter leurs vieilleries !"
En fait, les filles du crochet, délicieusement souriantes, naturelles et sympathiques, ne suivent pas la
mode : "On aime ce qu'on aime et point. On ne suit pas du tout la mode, un truc qui serait imposé. Je me moque de savoir si c'est bien d'aimer ce que j'aime ou pas."
Dernière question à ces charmantes demoiselles que j'ai eu tant de plaisir à interviewer : c'est quoi le look ultime pour une pin-up ? " Déjà elle doit avoir une création du crochet du gauche ! Ou même deux ou trois ! Et puis du rouge à lèvre et du vernis à ongle rouge. Et puis un soutien-gorge en cône, et une gaine !"
Pour Hélène, tout est dans le détail : "Je ne sais pas s'il y a vraiment un vêtement type. Peut-être la robe qui tourne et le pantalon taille haute. J'aurais plus tendance à dire des accessoires. Le petit truc qui fait la différence, une petite broche, un sac à main, un bijou un peu discret. C'est à ce détail que tu vois que c'est un peu recherché et que c'est pas une fille qui s'est juste acheté une robe aux 3 suisses parce qu'elle est un peu tournante. C'est aussi le soin que tu mets à te maquiller, à faire attention à chaque détail. "
"Etre une pin-up, ça demande beaucoup de temps. On n'est pas des pin-up, nous, on est trop occupé à tricoter !"
Et dernière info : les filles du Crochet du gauche se sont lancées dans une ligne pour homme. Nos mecs seront enfin bien habillés !
Merci les filles !



Retrouve les filles du crochet sur leur page facebook !

Elles sont aussi sur le site A little market

Et pour découvrir plein d'autres artistes, direction la page facebook de Rock'n'art of Elsass

2 commentaires:

  1. trop bien, c'est super cool d'avoir de vrais pulls à se mettre, j'adore ... aujourd'hui, si t'as pas un bidget phénoménal, tu peux te balader avec des "machins polaires" made in Roumanie ... perso, j'ai encore un vrai pull beau de beau fait par Brigitte pendant ses nuits de garde comme infirmière ... je peux le dire maintenant, y a prescription lol ... MERCI Lulu de nous faire partager tes coups de coeurs qui sont toujours pleins d'émotions ...

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