dimanche 16 avril 2017

Pouët ! A Haguenau, Pigalle donne un concert pour les enfants !

François Hadji-Lazaro, pour moi, c'est Pigalle, les Garçons Bouchers, le rock alternatif qui déménage, la musique que me faisait écouter mon père et que j'ai toujours tellement adoré ...
Eh bien ! Maintenant, c'est à mon tour de transmettre le flambeau à mes enfants ! En les emmenant à Haguenau le dimanche 11 juin voir François et Pigalle donner un concert ... pour les petits !





Ce concert rock tout public promet d'être déjanté et plein d'humour. Il se présente comme une découverte musicale tendre et poétique qui réjouira petits et grands. Il permettra aux petits de voir toute une ribambelle d'instruments et d'écouter de jolies mélodies très diversifiées.

L'association qui permet à Haguenau d'accueillir ce bel événement n'est autre que Melting Rock. J'ai eu la chance d'interviewer un de leurs membres, Anne, afin d'en savoir plus sur le concert et sur leur asso également ! 


Un spectacle qui s'adresse à tout le monde.


Qu’est-ce qui vous a plu dans ce projet ? 

"Je travaille avec les enfants et anime des séances de baby-gym pour les tous petits, je suis donc constamment à la recherche de nouvelles musiques pour animer des parties de séances." 
Les musiques qu’on propose aux enfants sont parfois très pauvres, que ça soit le rythme, la diversité des instruments ou même les paroles, peu de choses sont vraiment intéressantes d’un point de vue pédagogique. On trouve souvent beaucoup de choses « neu-neu » et je me suis dit qu’il fallait que je trouve des trucs pus sympa que ça pour ma fille." 
"C’est par hasard que je suis tombée sur le nouvel album de François-Hadji Lazaro l’an dernier. J’ai aussitôt commandé le livre-CD et j’ai adoré. C’est d’une richesse indéniable, tout y est : les instru, les paroles, les mélodies et les rythmiques. Les illustrations de Delphine Durand sont superbes et le livre en son entier est une belle pièce." 
"J’ai toujours aimé Pigalle, les Garçons Bouchers et le rock alternatif français…. Du coup, pouvoir proposer ça à ma fille était une très belle surprise. Elle a immédiatement accroché… et nous aussi."

Comment les avez-vous contacté ?
"Prenant mon courage à deux mains, j’ai contacté François Hadji-Lazaro qui m’a mise en contact avec son manager. Celui-ci m’a proposé deux dates puis nous nous sommes mis d’accord sur les différentes conditions à assurer et c’était parti !"

 A qui ce spectalce s'adresse-t-il ? Uniquement aux familles ?
"Ce spectacle s’adresse à tout le monde. La cible de base est bien entendu les enfants mais tout le monde peut y trouver son compte et je sais que tous ceux qui ont déjà vu le concert en ressortent ravis, qu’ils aient 8 ou 58 ans !"



"Melting Rock revient, et ce n'est pas pour rien !"


J'aimerais maintenant te questionner un peu sur votre association, Melting Rock, que je ne connais pas du tout. 
Alors dis-moi, depuis quand Melting Rock existe et qui l'a créé ?

"En 2006, l’Atomic Bar a fermé, c’était le seul lieu où on pouvait entendre un peu de rock’n’roll, de la new wave, du punk et voir quelques concerts sympas.
Un soir, dépités par le manque, Steve, Ména et Seb discutent autour d’un verre et décident de créer une association servant à promouvoir tous les styles de musiques non présents sur Haguenau.
Très vite, plusieurs personnes les ont rejoints dont Fabrice (un des DJ des soirées Ignore The Machine à Sarrebruck) et Anne, membres actifs au sein de l’asso"

Donc le but de Metling Rock est d'organiser des concerts pour faire bouger un peu le Nord de l'Alsace ?
" Tout à fait. L’asso veut promouvoir des soirées et des groupes qui ne trouvent pas de lieu pour jouer puisque leur style ne correspond pas forcément à ce que les institutions culturelles attendent. Nous avons fait plusieurs soirées en variant les thèmes au maximum, du metal, de la new-wave, du punk, du rockabilly, de l’electroclash …" 
"Nous avons participé à des opérations comme les « Rockeurs ont du Cœur » ou les « metaleux ont du cœur » où l’entrée était gratuite à condition d’amener un jouet."

Est-ce que tu peux me citer quelques groupes que vous avez fait jouer ?
"On a aussi bien fait jouer des groupes locaux comme Los Disidientes Del Sucio Motel ou les Skwattack que d'autres français ou internationaux. Par exemple Paddy And The Rats, Devilish Presley, Die Perlen, Noblesse Oblige ..."

Et vous avez votre propre local ?
"Il se trouve qu’Anne travaille en tant qu’éducatrice dans un complexe sportif. En 2007, nous avons entièrement retapé le sous-sol d’une des salles pour en faire le Molokoklub. Une petite salle pouvant accueillir une centaine de personnes, grand maximum.Le comité du club de gym était d’accord et nous a laissé faire ce qu’on voulait, c’était très sympa de leur part."

Votre association a connu une pause, c'est bien cela ?
"Oui, par manque de temps et par déception pour le public qui n’est pas toujours au rendez-vous, l’association s’est éclipsée pour quelques temps… Il fallait qu’on souffle et que chacun des membres gère sa vie personnelle." 
"De plus, les problèmes avec la concierge du Lycée attenant nous a miné le moral… nous avons dû aller chez un médiateur pour la rassurer en lui expliquant que non : les punks n’étaient pas des gens méchants !"

Qu'est-ce qui vous a motivé a vous retrouver et organiser de nouveaux concerts ?
"Anne et Fabrice ont eu un petite Thalia il y a 1 an et demi et son premier livre musical était « Pouët » de François Hadji-Lazaro…. Du coup, Anne a réuni les membres de l’asso pour leur annoncer qu’elle souhaitait monter ce projet fou : faire venir Hadji-Lazaro et Pigalle à Haguenau !"




Est-ce que c’est une fierté pour vous de pouvoir amener ce genre de spectacle à Haguenau ?
"Oui, une sacrée fierté et un sacré challenge. La ville ne soutient pas trop les démarches comme celle-ci, j’ai tenté en vain de prendre contact avec le relais culturel pour savoir si on pouvait espérer un petit soutien d’aide à la promo par exemple mais j’attends encore leur réponse."

Trouvez-vous qu’à Haguenau et alentours il y a pas mal d’associations qui essayent de faire un peu bouger les choses, d’organiser des trucs sympas, ou bien est-ce quelque chose qui manque ?

"Le CRMA essaye de faire quelques trucs puis il y a la salle du Millenium et les Bains Rock mais il n’est pas évident de faire bouger les choses et de faire sortir les gens.
Je pense que le manque de lieu pour organiser des événements doit sûrement être un frein pour pas mal d’associations."
"Le problème est aussi le public qui ne suit et ne soutient pas toujours suffisamment … A moins qu’il ne soit pas assez informé." 
"Nous verrons si on y arrive pour le 11 juin ! La salle est spacieuse et peut accueillir 300 personnes… il reste à voir si les gens du coin et d’ailleurs sont prêts à faire le déplacement. "
Bien sûr qu'on va le faire le déplacement ! Rendez-vous dimanche 11 juin pour faire la fête avec nos mômes ! 

Pensez à acheter vos billets !


samedi 15 avril 2017

Behind the words : le nouvel album des Coldstone !

J’avais découvert Coldstone il y a plusieurs années lors de la fête de la musique à Strasbourg. Et depuis mon cœur bat avec passion pour ce groupe de power rock sexy et couillu.
A l’occasion de la sortie de leur deuxième album, Behind the words, disponible le 21 avril sur toutes les plateformes de streaming, j’ai eu l’immense honneur d’interviewer Philippe, leur bassiste.
Mode groupie enclenché, lançage de soutif et culotte mouillée !


Illustration : Rock Your Image (Paris)

Behind the words est un album surpuissant, un diamant incisif qui te prend aux tripes dès les premières notes. Des riffs ravageurs, des solos destructeurs et une voix rauque si séduisante qui t'accroche et t'embarque dans la chaleur tonitruante d'un concert endiablé. Dix chansons pour un orgasme musical brut et fougueux, un rock sauvage et pourtant si maîtrisé, une harmonie de sueurs et d'amour. C'est viril, poignant, un déchaînement délicieusement décadent. 
Coldstone frappe un grand coup avec ce nouvel album, qui se classe parmi mes préférés de l'année. Je sens d'ores-et-déjà que je ne saurais plus m'en passer ...


Un deuxième album explosif


Coldstone a été créé en 2005 par Cyrille. Philippe a rejoint l’aventure en 2008 à la demande du chanteur, qui n’est autre que son frère.
 « Mon frangin cherchait un bassiste pour le groupe alors j’ai accepté de les rejoindre ! A l’époque j’étais guitariste dans un groupe de punk hardcore, c’était légèrement différent ! » Plaisante-t-il.
A leur actif, Coldstone a déjà un album et deux clips. Ils feront bientôt une nouvelle vidéo avec des images de leur tournée en Chine avant de sortir un autre clip qui illustrera une des chansons tirées de leur nouvel album, Behind the words.
« Je te l’accorde, Behind the words sonne encore pas mal Metallica ! Cependant ce nouvel album reflète beaucoup plus les différentes influences du groupe. Si pour ma part je suis très branché stoner et punk hardcore, Marc le batteur est un grand fan de Gojira. Cyrille ne jure quant à lui que par Metallica et Alter Bridge. » 
« Pour le premier album, c’était Cyrille qui avait créé toutes les compos. Cette fois-ci, c’était soit moi soit mon frère qui venions avec des riffs après quoi on composait ensemble, chacun amenant sa propre touche. »   
« Je pense que c’est pour ça que cet album est plus rentre-dedans que le premier ! D’ailleurs, je crois que j’ai tendance à trop m’emporter, mon frangin est souvent obligé de me freiner ! »           

Une motivation sans borne et … des histoires de cul !


« On a mis le paquet sur l’album, on a vraiment tout donné ! Je ne vois pas comment on aurait pu faire plus. On y a mis toutes nos tripes et je pense que ça se ressent pleinement. »
Et je te le confirme, Behind the words, c’est de la dynamite ! Avec un son parfait. Il faut dire que les Coldstone ont su bien s’entourer :
« Notre nouvel album a été enregistré comme le premier par Jonathan Allard, dans un studio à Ittenheim, Kid Studio. Ce mec est au top, c’est vraiment cool de bosser avec lui. » 
« Pour ce qui est du mastering, on a cette fois-ci fait appel à un pro de Stockholm, Magnus Lindberg. Il est connu pour avoir bossé avec des groupes comme Mass Hysteria ou No One. Et tu comprends tout de suite que le mec gère ! Il a immédiatement cerné notre style et ce qu’on attendait de lui. Le travail est franchement nickel, on est très heureux du résultat. »


Cet album est également le résultat de la très belle amitié qui unit ces trois hommes et de leur passion dévorante pour la musique :
« On a la même motivation Marc, Cyrille et moi, c’est pour ça qu’on tient depuis aussi longtemps. » 
« D’ailleurs, aussi loin que je m’en rappelle, mon frère et moi avons toujours été à fond dans la musique. On a pas mal de musiciens dans la famille mais je ne saurais te dire si c’est vraiment cela qui nous a influencé ou non. Quoi qu’il en soit, à l’adolescence, on s’est acheté des guitares et on a appris à jouer en autodidacte. Dès qu’on sortait des cours, dès qu’on avait des vacances, on jouait. On ne faisait que ça. La musique, c’était notre vie. On a fait notre premier concert au collège. Et depuis, on ne s’est jamais arrêté ! »
En amoureuse des mots, je ne peux m’empêcher d’interroger Philippe sur les paroles de leurs chansons :
« On écrit toujours les paroles à la fin. Et, pour résumer, ce sont des histoires de cul en fait ! C’est mon frère qui les écrit et lui, c’est un vrai lover ! Il a toujours eu ce côté séducteur, ça se ressent pleinement dans ses textes. Et c’est notre pote Dusty D. qui vient de Miami qui l’aide à transformer les paroles en ricain. Il faut dire que Cyrille parlait très mal anglais avant. Mais depuis la tournée en Chine il s’est nettement amélioré ! »

La tournée en Chine de Coldstone


Venons-en justement à cette tournée dans l’Empire du milieu. Après avoir enchaîné plusieurs grosses dates, comme leur participation au Rock’n’Roll Train Festival aux côtés de No One Is Innocent ou de Bio Hazard, ils ont été contacté par un expatrié français qui vit en Chine, Michel Skullprod.  Celui-ci les a invité à venir jouer dans son pays pour trois semaines.
 « Pour être honnête, je dois dire que je n’y croyais pas ! C’était tellement énorme ! Il a fallu attendre que notre avion atterrisse à Shanghai pour que je réalise vraiment ce qui nous arrivait. » 
« En plus du dépaysement, de l’occasion de voyager, c’était une expérience musicale phénoménale ! Les salles de concert étaient vraiment géniales ! Je peux t’assurer qu’ils n’ont rien à nous envier ! C’était ultra-moderne, dans des immeubles gigantesques aux halls d’entrée luxueux. On a vraiment été super bien accueilli. » 
« On a été interviewé par beaucoup de journalistes et de radios locales. C’était assez fun d’ailleurs ! Quand j’en avais marre de répondre, je baragouinais des citations de Lemmy, ça nous faisait bien marrer ! »

Les Coldstone ont d’ailleurs eu droit à un public enthousiaste et toujours plus nombreux !
« Beaucoup de Chinois sont très branché rock-métal. Ça aide. Et ils étaient enchantés de voir un groupe français ! Ils étaient super chauds, tout le temps au taquet ! Et d’une telle hospitalité ! Beaucoup de spectateurs nous invitaient chez eux à la fin des concerts pour faire des after de folies ! »
« Une fois, on s’est retrouvé perdus au milieu de nulle part, chez un vieux qui jouait du djembé la clope au bec, on l’a rejoint à la guitare sèche … C’était tellement original, le genre de trucs que tu ne risques pas d’oublier ! C’était bien cool de vivre ça. » 
« On pense y retourner d’ailleurs car il se trouve que mon frère, Cyrille, vient juste de m’annoncer qu’il allait se marier avec notre tourneuse en Chine. Alors oui, on peut dire que cette tournée a eu un gros impact sur Coldstone ! »

Si les Coldstone iront très certainement se produire à nouveau en Chine, ils comptent également enchaîner les concerts en France et dans les pays limitrophes afin que Behind the words puissent tous nous faire vibrer !
Vous pourrez les retrouver très prochainement lors de leur release party et notez également la date du 27 mai :
« On jouera au Kustom Day, en Moselle. Ce sera notre petit retour au pays natal ! »


vendredi 7 avril 2017

"Growing Old" le nouvel EP de Grand March

Grand March est un groupe strasbourgeois qui virevolte entre folk et rock avec douceur et maturité. 



Leur nouvel EP, Growing Old, est précis, net, carré, réfléchi. C'est le talent d'une harmonie bien calibrée, le travail aussi doux que poignant d'un groupe de passionnés.
Entre ombres et lumières, Grand March offre une musique sympathique et très propre, des chansons intelligentes et intéressantes. 
La chanteuse charismatique, qui sait subliment poser sa voix, interpelle  celui qui l'écoute tout en douceur, avec réflexion et émotion. Elle a la beauté et la classe des grands.
A l'image des musiciens qui l'accompagnent d'ailleurs, dont on ressent dans leurs notes autant la délicatesse que le sérieux.
Aucune fioriture dans cet EP solide, teinté d'une beauté sage.

Retrouvez Grand March pour leur release party samedi 8 avril à La Maison Bleue.


jeudi 23 février 2017

The Stone Cox : du rock sexy et survolté !

Ça fait bien longtemps que je n'ai pas écrit sur ce blog et plus longtemps encore que je n'ai pas parlé de musique.
Alors là j'ai décidé de me faire un petit plaisir en te faisant découvrir mon coup de coeur du moment : The Stone Cox !




The Stone Cox c'est quatre mecs de Mulhouse qui font du rock surpuissant.

J'ai eu la chance d'écouter leur EP, Blackboard, et c'était une sacrée claque. Ils sont encore jeunes, mais ils envoient du lourd. C'est rythmé, très bien mené, avec un côté couillu, un peu dirty, du bon rock'n'roll comme j'aime. Je pourrais écouter leurs trois titres en boucle. Je l'ai fait d'ailleurs. Et je le referai encore !

Tu sais que je ne suis pas douée pour parler musique. Mais je peux au moins de te dire que quand j'écoute les Stone Cox, ça me rappelle quelques unes de mes belles soirées endiablées. Ça me donne envie de danser, de rire, de trop boire, de rouler des pelles à mes copines et de pécho un joli blond pour lui donner la fessée. C'est ça en fait, le bon rock, c'est un bon tripe qui t'emballe, qui te donne la gnack, qui te fait sortir de chez toi et te déhancher. Avec un soupçon de seventees en prime, parce que c'est quand même mieux comme ça !

Les Stone Cox, qui lancent leur propre label, Lone Apach Records, ont enregistré leur album en live et en analogique chez Rémy Gettlife, dans le Sundgau. J'ai piqué l'info dans un article des DNA.

Eh oui ! Je n'ai malheureusement pas eu la chance d'interviewer ces quatre jolis garçons, je les ai loupé lorsqu'ils ont fait la première partie de The Mystery Lights à la Laiterie (du coup j'ai aussi loupé le meeting de Mélanchon, c'est une autre histoire), mais je suis sûre d'une chose : ils n'ont pas fini d'enchaîner les dates, et ils reviendront très vite sur Strasbourg !

Sinon, si t'es du côté de Mulhouse, t'auras la chance de les voir samedi soir, 24 février, au Noumatroff. D'ailleurs si tu pars de Strasbourg pour y aller, tu peux m'emmener dans ta voiture.
Et ce soir c'est à Le Repère à Schirmeck que ça se passe, 

En attendant, on se matte leur clip ! Même que y a la géniale Freaky Baby Doll dedans !




dimanche 29 janvier 2017

Seku Ouane : graff, hip-hop, art.

A l'occasion de son expo à la Popartiserie, j'ai interviewé le très sympathique et incroyablement talentueux Seku Ouane. Issu du milieu hip-hop, ce graffeur aux milles facettes m'a répondu avec un sourire tout naturel et a partagé avec joie et sincérité sa passion pour l'art. 




Le graffiti comme une performance



"J'ai commencé le graffiti il y a une quinzaine d'années avec Beam. Ce qui m'a plu dans le graff, c'est le côté "performance" qu'a cet art ... Tu es capable de faire du vélo à 4h du matin et marcher sur une voie ferrée en pleine nuit pour pouvoir peindre, c'est vraiment spécial. Ce n'est pas juste peindre sur une toile. Avec le graffiti, la peinture devient vivante, elle s'impose, elle ne s'expose pas."

Seku Ouane est un vrai passionné du graffiti et de tout le milieu hip-hop d'ailleurs.

"Je crois que je suis dans le hip-hop depuis toujours. Je me souviens que le tout premier album que je me suis acheté était d'IAM. Et je lisais beaucoup le magazine Groove ... Oui, aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours été dans la culture hip-hop. J'y suis d'abord entré par la musique puis par le graffiti."

Membre du collectif ABC Crew, Seku Ouane ne se limite pas à un art.

"J'ai fait de l'aquagravure, de la vidéo, du graff, du dessin, différents types de peinture, beaucoup d'encre, du travail sur ordinateur, je me suis essayé au beatmaking ..."
"J'aime écrire aussi. Dans un mémoire j'avais travaillé sur le lien entre graffiti et politique, comment le graffiti s'est servi de la politique pour évoluer. J'ai aussi écrit différents textes assez engagés."
"Mais le graff et le dessin sont vraiment les deux disciplines qui me plaisent le plus."


Etudes, rap et graffiti


Il revient sur son parcours d'étudiant :

"J'avais commencé par la fac d'art-plastiques à Strasbourg. Mais le côté rigide de la fac m'a vite déçu.
Disons que je suis plus pratique que théorique, même si j'admets qu'il est impossible de dissocier les deux. Alors qu'aux Beaux-Arts on propose du matériel, on a vraiment les moyens et le temps pour créer, même si il faut reconnaître qu'il y a beaucoup de branlette intellectuelle ..."
"Les Beaux Arts m'ont en tous cas appris à me donner les moyens d'aller vraiment à fond."

Il a fait les Beaux-Arts à Brest, poussé par le besoin de s'éloigner un peu de sa région natale. C'est là qu'il s'est essayé au rap :

"Je tournais avec DPA. Des personnes issues de différentes scènes s'y mélangeaient, il y en avait qui venaient du punk hardcore, d'autres de la dub, ... On traînait aussi avec deux MC qui étaient plus dans le phrasé. A ce moment-là, j'étais très influencé par le rap conscient, engagé. J'ai ensuite tourné avec Vegetal prod, mais la complicité marchait moins, on était trop nombreux dans le collectif. Aujourd'hui, je ne rappe plus que pour le fun, en soirée, avec les potes. Je cherche plus la punchline bien drôle, je ne me prends vraiment plus au sérieux de ce côté-là."

Pour écouter Seku Ouane, c'est par là !




L'évolution du graffiti

Lui faisant remarquer que le graffiti est désormais bien accepté dans la société, lui qui était autrefois si décrié, je lui demande alors son point de vue sur cette évolution :

"Aujourd'hui, le graffiti est clairement dé-diabolisé. Il y a d'ailleurs de plus en plus de graffeurs qui entrent aux Beaux-Arts. Le street-art se révèle être une porte d'entrée pour cette école. Il y a même des mairies qui mettent en place des projets pour les graffeurs. Tout cela permet de faire évoluer le point de vue auparavant très négatif du citoyen lambda, et en ce sens c'est une bonne chose."
"Mais je regrette le côté publicitaire de la chose, l'effet de mode."
"Bien sûr, c'est super quand on est contacté pour un projet, on se sent flatté, on a du temps et des moyens pour que nos créations aboutissent."
"Mais là, certaines branches et acteurs du graffiti et du rap se tournent entièrement vers le capitalisme. On est bien loin du mouvement revendicatif du début ... Disons que le graffiti évolue, il change, comme pour toute chose."

Je le questionne sur l'influence que cette mode pourrait avoir auprès des jeunes : est-ce qu'on voit plus de monde s'essayer au graffiti qu'avant ?

"J'ai l'impression qu'il y a moins de jeunes en fait, mais je peux me tromper, c'est peut-être parce que je suis moins sur le terrain que je ne m'en rends pas compte, je fais moins attention aux blazes dans la rue. Même si c'est vrai que j'en ai vu quelques uns, des nouveaux, comme EOS, TNC, VON, PHNK, ils sont trop nombreux pour les citer. Puis je reste impressionné par la productivité de certains crews comme les MMA ou les 7 qui sont la depuis plus dix ans et qui restent toujours aussi actifs."
"Dans le monde du graff, tu réalises vite qu'il y en a qui le vivent comme un 100m ou comme une course de fond. C'est-à-dire qu'il y en a certains qui vont exploser très vite, mais qui vont disparaître au bout de trois mois, alors que d'autres vont durer et sont toujours présents."

Poussée par la curiosité, je lui demande également son avis sur le graffiti dit vandale, à savoir les tags :

"Selon moi le graff vandale est comme une nécessité, c'est l'essence même de cette culture. En plus, le vandale t'apprend à travailler avec rapidité, à avoir un tracé efficace. En cinq minutes il faut que tu aies sorti quelque chose. Mais il y a aussi pas mal d'excellents graffeurs qui n'ont jamais fait de vandale !"





Des projets plein la tête


Seku Ouane a multiplié les projets artistiques, notamment ceux tournant autour du graffiti.

"Il y a beaucoup de projets qui m'ont vraiment bien plu. Notamment Trait d'Union à la Meinau, il mélangeait sculpture et graffiti, c'est quelque chose qui ne se fait pas beaucoup, et j'ai vraiment apprécié. On a aussi participé à la décoration de l'Elastic Bar, c'était un bon moment."
"J'ai participé à certains festivals très cool aussi. Quand t'es là et que tu croises Akhenaton qui te remercie pour ce que tu as fait, t'es comme un gamin quoi, t'as la larme à l’œil."
"Et je pourrais te citer plein d'autres projets tout aussi sympa : l'expo Et Après, la Jam des Bozars, la pochette de Dah Conectah, Tiseurs, le PAG challenge, ..."

Cette expo marque une étape importante pour Seku Ouane. Non seulement c'est sa première expo en solo mais en plus il compte vraiment, à partir de là, se remettre en question :

"Je dois dire que je suis aujourd'hui dans une phase de remise en question picturale, après quinze années passées à peindre ... J'aimerais peindre moins mais privilégier la qualité. Et je ne veux plus me perdre dans la multiplication de projets."
"J'ai besoin de me recentrer. J'ai besoin de temps, de me remettre à travailler pour moi. Ce qui est sûr, c'est qu'il faut que je continue à m'éclater dans ce que je fais !"
"Ça fait tellement longtemps que ça fait partie de ma vie, je ne l'imagine tout simplement pas sans. Mon but premier, c'est de m'amuser, de peindre, d'en profiter. L'art c'est comme un mode de vie. Je ne vois pas ce que je pourrais faire d'autre."






samedi 21 janvier 2017

Le tatoueur Yannonyme en guest chez l'Aiguilleuse Tattoo !

La talentueuse Caca Hontas, L'Aiguilleuse Tattoo, a décidé de faire de 2017 une année pleine de guests pour son shop, l'Atelier Pic-Pic, situé à Strasbourg. 

C'est notamment le cas du tatoueur belge Yannonyme qui posera ses valises en Alsace du 21 au 25 mars. A peine quelques jours pour passer sous ses aiguilles ! Sans oublier la soirée "ça guest" du 25 avec concerts et expos, qui permettra de le rencontrer et de découvrir la richesse détonante de son univers. A cette occasion, il a d'ailleurs accepter de répondre à quelques questions.

Rencontre avec Yannonyme !



Est-ce que tu peux revenir sur tes études, ton parcours ?



Je devais avoir 8-10 ans quand mes parents m'ont inscrit aux Beaux-Arts. Déjà à cette époque je voulais devenir dessinateur, puis à l'adolescence j'ai introduit et participé à un collectif de BD dunkerquois. Cela m'a permis de rencontrer d'autres dessinateurs avec qui j'ai découvert les festivals BD. 
J'ai quitté ma ville natale pour étudier l'illustration à Tournai, c'est là que j'ai terminé mes études secondaires. Après quoi je suis parti sur Bruxelles afin de poursuivre le cursus supérieur. 
Durant cette période j'ai réalisé que le dessin est une discipline qu'il faut quotidiennement travailler ... J'ai aussi compris que le système scolaire est un cadre qui formate les esprits et parasite la création, il cultive la médiocrité sans se préoccuper de la réussite des élèves. La majorité des enseignants et professeurs ne sont que des théoriciens et rarement des praticiens, ils ne transmettent qu'un résidu de savoir classique sans l'ambition d'un discours de contestation
J'ai pensé que c'en était assez alors j'ai cessé de fréquenter les établissements scolaires pour me consacrer au dessin et à la sérigraphie. Huit ans plus tard j'ai démarré le tattoo comme apprenti à la Boucherie Moderne où je suis resté 5-6 ans avant de m'en aller et mener mon propre chemin.

Qu'est-ce qui t'attire dans le tatouage ? Est-ce que c'est pour toi un moyen d'exprimer des émotions ou de permettre à d'autres de les exprimer ? Est-ce que c'est pour le côté esthétique, sublimer des corps ? Ou simplement pour le plaisir de la création ?


Je considère le tattoo comme un savoir-faire, par ailleurs il est une activité alimentaire qui complète le dessin. Il me permet de diffuser, de communiquer ma conception de l'espace empirique qui compose la réalité matérielle. Le tattoo est avant tout un consensus dans le rapport client et exécutant, il est fondamental que la personne intéressée par mes visuels soit en accord avec ma pensée, sans cette donne le partage est caduque. 


Pourrais-tu nous parler un peu de ta démarche artistique ? 

Ma pratique du dessin se dirige vers deux directions : l'une se penche vers le champ abstrait, produire des structures simples ou saturées en opposant des motifs décoratifs à d'autres systèmes de trames plus brutes voire brouillonnes, ici l'objectif est de créer différentes intensités de compositions. 
Quant à la seconde direction, plus figurative, elle vise le détournement de thèmes violents, sexuels, ambigus. Ma démarche est de transcender ces codes en me les appropriant et susciter une réflexion.
Je me sens proche des idées de contradiction, des sujets radicaux, j'aime aborder des concepts extrêmes. 

Comment te vient ton inspiration ?

Mon inspiration se déclenche lors d'une réaction que j'ai quand un événement se manifeste, il peut s'agir de la lecture d'un livre, la vision d'une photo, d'un logo, d'un film, d'une émission, la découverte dans la nature, l’expérience d'une émotion, l'échange d'opinions, une sensation, l'écoute de musique ... Toutes ces sources d'influence génèrent en moi la volonté de m'exprimer. 


Tu sembles passer beaucoup de temps sur tes dessins, est-ce que c'est quelque chose d'important pour toi ? Et comment ça se passe quand un client te contacte, est-ce que tu discutes beaucoup avec lui avant de le tatouer ? 

Je peux passer énormément de temps sur l'exécution d'un dessin. Plus il est compliqué, plus la réalisation est longue. Ce qui m'importe c'est la charge de propos personnels injectés, sans cela mon approche n'aurait aucune impertinence. Quand quelqu'un se déplace pour mes visuels, nous discutons de la direction graphique en fonction de l'emplacement souhaité puis nous faisons une sélection de motifs, ensuite j'adapte mon dessin au format tattoo.

Tu réalises pas mal de motifs en lien avec la sexualité, est-ce que tu peux m'en dire plus à ce sujet ?

 Mon traitement des thématiques liées à la sexualité est une observation totalement subjective. Ce sujet est très mal perçu car intime et privé, il est très difficile de l'évoquer sans fâcher les esprits, sans provoquer une avalanche de commentaires éculés. 
J'ai choisi de l'aborder sous le prisme de l’extrême. Ma position actuelle se base sur le postulat suivant : la sexualité est autant l'extension d'une marque d'affection que l'assouvissement de pulsions pathologiques. Je porte beaucoup de tattoo à caractère sexuel sur moi ... Je me pose une pléthore de questions sur cet acte et plus j'y réponds plus il m interroge.

jeudi 29 décembre 2016

J'ai rencontré Mélanie de DermaMorphose ... Et je lui ai demandé de me tatouer !

C’est par les heureux hasards des réseaux sociaux que je suis tombée sur un tatouage réalisé par Mélanie de DermaMorphose. Le style m’a tout de suite bien plu, alors je suis allée jeter un coup d’œil sur sa page. Je suis tombée sous le charme. Du black work et du dot work impressionnants, des animaux réalistes ou plus géométriques, des visages mystérieux, des papillons colorés, …


Alors, quand la petite demoiselle pleine de talent m’a demandé si je pouvais un peu parler d’elle sur mon blog, j’ai tout de suite accepté, et je me suis en plus empressée de lui demander un tattoo, ou plutôt deux !
Rencontre avec une superbe artiste …




Douceur et précision


DermaMorphose m’a accueilli dans son salon de tatouage, à Strasbourg. Un endroit cosy, qui sent encore bien le neuf, puisque Mélanie n’a ouvert qu’en septembre 2016.
Elle m’a montré les dessins qu’elle m’avait déjà proposé via Facebook. En gros, je lui ai demandé un soleil et une lune façon ouija, avec du blackwork et du dotwork, avec son style à elle quoi. Pari réussi dès le premier dessin qu’elle m’a proposé. J’étais enchantée ! Une réalisation personnelle, féminine, tout en mystère et en douceur.

Arrivée chez elle, elle m’a fait signé une petite fiche de renseignements, et on est passé par les différentes étapes habituelles que tu connais bien : validation du dessin, nettoyage de la peau, on pose le calque, on attend qu’il sèche, on ouvre une aiguille neuve à usage unique, et on se met au boulot !
Mélanie travaille avec une grande précision, et beaucoup de douceur. Traçage de la lune, puis petits pointillés et petits traits pour compléter le tatouage. Pendant ce temps on papotait de tout et de rien, je me sentais super bien.
Très vite, on a enchaîné avec le soleil. Bon là, la pauvre a eu un peu plus de mal parce que ma peau refusait catégoriquement de se laisser faire et de prendre gentiment l’encre. Mais la sémillante Mélanie ne s’est pas découragée et elle a réussi à finir le tatouage sans plus d’encombres.
Pointilleuse, elle est revenue à plusieurs reprises sur les moindres détails, jusqu’à s’assurer que tout était parfait.
Tatoueuse encore débutante, elle se considère encore comme un « petit bébé dans le tatouage », Mélanie a pourtant déjà tout d’une grande. Un contact plus qu’agréable avec le client, des réponses très rapides aux demandes, des dessins superbes, et des tatouages réalisés à la perfection.




Dessins et relations humaines


Ce qui m’a surtout plu avec elle, c’est que je me suis immédiatement sentie à l’aise. Grâce à sa sympathie naturelle, le contact était très facile, tout s’est passé en douceur, et avec le sourire.
Ce n’est pas un hasard, puisque j’ai appris que Mélanie, avant de se lancer dans le tatouage, avait fait carrière dans le social.
« J’ai toujours aimé le contact avec les gens. J’ai travaillé dans une maison de retraite, et j’adorais échanger avec les personnes âgées, mais j’ai été extrêmement déçue par la réalité du travail, tout le stress qu’on nous imposait. C’est bien simple, tout était chronométré.  Je ne l’ai pas supporté. »
En 2012, Mélanie a fait un burn-out. Elle avait perdu toute confiance en elle, c’était une période difficile à vivre, mais son copain l’a aidé à surmonter cette épreuve. Une bonne manière de retrouver sa joie de vivre a notamment été pour elle le dessin, sa grande passion.

« Je n’ai pas fait d’études d’art, mais j’ai toujours énormément aimé le dessin. J’adore dessiner depuis que je suis toute petite. Vers 10 – 11 ans, mes parents m’avaient inscrit à un cours de peinture. C’était dans ma ville d’origine, et ça ne m’a pas apporté grand-chose pour tout dire. On se contentait de reproduire des cartes postales, je me suis vite sentie à l’étroit. »
« J’ai grandis dans une petite ville, et on n’avait pas beaucoup de moyens, alors je n’avais pas accès à la culture. C’est mon copain qui m’a fait découvrir beaucoup de choses, les peintures, les gravures. Il m’a aidé à ouvrir l’œil. J’ai appris énormément de choses. »
« Et puis, début 2016, j’ai décidé de prendre quelques cours de dessins, ça m’a aidé à revoir les bases. Je voulais pouvoir améliorer mon trait, et mon style.»




Une passionnée de tatouage


En plus de renouer avec le dessin, Mélanie s’est tournée vers le tatouage. Mais là aussi, c’est une passion qui la suit depuis longtemps.
« Je suis une fan de tattoo depuis que je suis toute petite ! A 12 ans déjà, j’affirmais à mes parents que je me ferai tatouer. »
« Mon père était tatoué, et je m’amusais à dessiner sur ses tatouages. J’aime l’idée de dessiner sur des corps. A l’époque, je n’avais pas le net, j’essayais de dénicher les quelques magazines qui parlaient de tatouages. Ce n’était pas aussi développé que maintenant. Et quand j’ai eu 20 ans, j’ai commencé à me faire tatouer. »
Et depuis, Mélanie n’a pas arrêté. Manchettes, chest, cuisse, des motifs très colorés et féminins, ou du black work impressionnant. Ses tatoueurs fétiches ? Jubss, kÖfi ou encore Mathieu de Baron Samedi.

« J’ai pas mal attendu avant d’oser vraiment me lancer, faire ma formation hygiène et commencer à chercher un shop pour apprendre et exercer.
Je manquais un peu de confiance en moi. Mais j’ai décidé d’oser ! Et puis les cours de dessins que j’avais pris m’ont bien aidé à gagner en assurance. »
« J’ai eu du mal à trouver un apprentissage, mais j’ai été contacté par une tatoueuse allemande qui a vraiment apprécié mes dessins et mes tatouages. On a mis beaucoup de temps à se rencontrer, car elle était très occupée. On s’est contacté en octobre 2014 et j’ai commencé chez elle en avril 2015. J’ai pu beaucoup l’observer et j’ai pu tatouer plusieurs clients. Malheureusement, du jour au lendemain, elle a décidé de ne pas donner suite, alors qu’on avait des projets ensemble. J’avoue que sur le coup je me suis bien cassée la gueule, car j’étais plus qu’enthousiaste ! »
« Mais on a vite rebondi ! On s’est mis à faire des travaux dans l’appart, on a tout réorganisé de façon à pouvoir créer cette pièce où je peux accueillir les clients. »
« A nouveau, mon copain m’a beaucoup aidé. J’étais assez stressée à l’idée de travailler seule, mais il m’a convaincu que je pouvais y arriver. J’ai eu vraiment de la chance d’être soutenue ! Et petit à petit j’ai trouvé confiance en moi. En voyant les clients si contents et fiers de leur tatouage … Il n’y a rien qui me fasse plus plaisir ! J’adore voir les grands sourires des gens, leurs yeux qui brillent ! C’est génial ! »



"Mon but ? M'éclater, m'exprimer !"


« J’ai trouvé le métier qui me plaît ! En plus de l’aspect dessin, création, il y a aussi le relationnel qui est hyper important, et ça, ça me comble de bonheur ! C’est vraiment super cool ! »
« Pour moi, la partie réalisation du tatouage est aussi importante que celle où on va discuter avec le client. Je veux prendre le temps de discuter avec eux, c’est quelque chose d’essentiel pour moi. En plus, j’aime énormément cet échange
« Quand j’ai fait mes premiers tatouages, j’avais énormément d’appréhension, c’est quand même quelque chose qu’on garde à vie, ça me faisait stresser. Mais quand je vois tout ce qu’on peut faire en tatouage, toutes les possibilités … C’est l’éclate totale ! » 

Si Mélanie excelle dans le black work, qu’elle adore d’ailleurs réaliser, elle se lance également dans la couleur. Et ses premiers essais sont plus que réussis. En grande fan de néo-trad, elle a bien envie de développer également ce style, en le mélangeant avec du black work par exemple, pour créer quelque chose d’original. Quand Mélanie évoque tous ses projets, elle est débordante d’enthousiaste.
« Je sais que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre. Il y a tellement de choses à découvrir dans le tatouage ! Mais j’avance à mon rythme, au fur et à mesure, sans me stresser. »
« J’aimerais d’ailleurs faire des guests, pour voir d’autres tatoueurs travailler, et découvrir toujours plus de choses ! J’ai déjà eu quelques propositions, j’en suis vraiment ravie. »

Elle cherche désormais à se faire connaître, pensant notamment à exposer aussi bien ses dessins que ses photomanip. En effet, en amoureuse des images, Mélanie est aussi passionnée de photo.
« En 2005, je traînais beaucoup sur DeviantArt, ça m’a donné envie. Je me suis mise à découvrir photoshop. Tout comme pour le dessin, je l’ai fait en autodidacte. Je n’ai pris aucun cours. Je me suis mise à faire beaucoup de photos, et c’était chouette ! J’ai réalisé des pochettes de CD, j’ai fait des tutos … J’ai même été publiée dans photoshop magazine. J’ai déjà été en couverture ! »
« Beaucoup m’ont demandé pourquoi je n’en faisais pas mon métier. Mais je savais que, quand on est infographiste, on ne fait pas toujours ce qui nous plaît. Alors que mon but est de m’éclater dans ce que je fais, de pouvoir m’exprimer ! »

Avec le tatouage, Mélanie a enfin trouvé sa voie. Elle n’est qu’au début d’un chemin qui s’annonce plein de belles aventures, de beaux tatouages, et de beaucoup de bonheur. 

Retrouvez Mélanie sur sa page Facebook : DermaMorphose !